La jeunesse doit être une priorité de la réforme fiscale : l’UNEF demande à être reçue par le Premier Ministre

Jean Marc Ayrault a annoncé une « remise à plat de la fiscalité » qui prendra effet à partir du budget de l’année 2015. Il organisera une première concertation avec les partenaires sociaux lundi et mardi prochain.

L’UNEF regrette que cette remise à plat ne concerne pas les objectifs de réduction des dépenses publiques qui risquent de fragiliser le service public de l’éducation dans les prochaines années.
L’UNEF partage l’objectif de justice sociale affirmé par le premier ministre et rappelle que l’autonomie de la jeunesse et la réussite des étudiants à l’université doivent en faire partie.

Aides aux étudiants ou aides fiscales aux familles : remettre à plat pour faire le choix de l’autonomie.

Les 4 milliards d’aides à la scolarité dans l’enseignement supérieur sont partagées entre des aides directes à destination des étudiants et aides fiscales à destination des familles. Ces aides fiscales sont injustes, elles bénéficient d’abord aux familles les plus aisées et imposent aux étudiants la précarité de la dépendance familiale.

L’UNEF pose comme conditions à la remise à plat de ces aides fiscales :

– Un transfert des moyens vers les aides directes pour financer la montée en charge du système de bourses
– Un élargissement du nombre d’étudiants bénéficiaires des aides directes pour ne pas pénaliser les « classes moyennes » pour qui l’aide fiscale est la seule forme d’aide à la scolarité.

La ministre de l’Enseignement Supérieur a déjà annoncé une deuxième étape de la réforme des bourses pour la rentrée prochaine, avec comme perspective la mise en place d’une allocation d’autonomie en 2017.

L’UNEF revendique pour la prochaine rentrée universitaire :

– La revalorisation des bourses au-dessus du niveau de l’inflation
– L’accès des 100 000 boursiers échelons 0 (exonération des droits de scolarité) à l’échelon 0 bis (aide de 100 euros par mois)
– Le doublement du nombre d’aides à l’autonomie pour les étudiants indépendants

Investir dans la formation des jeunes pour préparer l’avenir

L’augmentation du nombre de jeunes diplômés est indispensable pour sortir de la crise économique. Avec moins de 50% d’une classe d’âge diplômée de l’enseignement supérieur et 200 000 jeunes qui abandonnent leurs études chaque année, la France est pénalisée.

L’UNEF revendique une remise à plat de la fiscalité qui permette de dégager des moyens pour le service public d’enseignement supérieur avec :

– Un plan pluriannuel d’investissement dans les universités pour mettre fin à la pénurie budgétaire et lever les incertitudes sur leur financement à long terme
– Une réorientation du Crédit Impôt Recherche, une dépense fiscale largement critiquée, vers le financement des universités
– Un fléchage des moyens vers les premiers cycles universitaires pour financer la réforme de la licence et régler le problème de l’échec massif en première année

L’UNEF demande à être reçu par le premier ministre pour faire entendre ses propositions. La remise à plat de la fiscalité doit être un moyen de concrétiser la priorité jeunesse en investissant dans l’enseignement supérieur.