Classement des universités pour l’insertion professionnelle des étudiants : après le constat, apporter des réponses ambitieuses

Le Ministère de l’Enseignement Supérieur a rendu public aujourd’hui sa 4e enquête annuelle sur l’insertion professionnelle des étudiants récemment diplômés. Si cette enquête confirme que le diplôme reste la meilleure arme face au chômage, l’UNEF s’inquiète des difficultés des jeunes à s’insérer sur le marché de l’emploi et réclame des mesures durables contre le chômage.

Contre le chômage, augmentons le niveau de qualification des jeunes !

Selon l’étude, 10% des étudiants diplômés d’un master 2 sont toujours au chômage trois ans après obtention de leur diplôme en 2010. Pour les jeunes sans qualification, les statistiques sont beaucoup plus inquiétantes avec un taux de chômage à 45%.

 L’UNEF rappelle que la première réponse face au chômage des jeunes est de leur permettre d’accéder à un haut niveau de qualification. La Ministre de l’Enseignement Supérieur se fixe l’objectif de 50% d’une classe d’âge au niveau licence, elle doit maintenant s’en donner les moyens. Pour répondre à l’échec massif des étudiants en première année de licence et aux 200 000 jeunes qui quittent l’enseignement supérieur sans diplôme, l’UNEF revendique :

– Un investissement financier pluriannuel dans les formations de premier cycle universitaire pour rapprocher leur financement (4000 euros par an et par étudiant) de celui des classes préparatoires aux grandes écoles (15 000 euros) 

– La poursuite de la réforme des bourses pour mettre en place une allocation d’autonomie à la fin du quinquennat

 

Assurer une professionnalisation durable des formations.

La Ministre de l’Enseignement Supérieur s’est dite favorable au développement des stages dès les premières années de licence. L’UNEF soutient le développement des stages dans les formations, mais rappelle que la priorité est leur encadrement législatif, pour en faire des outils pédagogiques et non des formes précaires de contrat de travail. Une proposition de loi sur l’encadrement des stages doit être examinée par le parlement au mois de février, l’UNEF revendique :

– Une définition des abus de stage dans le code du travail

– L’intégration de l’ensemble des stages dans les formations

– Une augmentation de la gratification des stages en fonction du niveau de formation des jeunes

 

Protéger l’insertion professionnelle des jeunes.

 Si les jeunes ne sont pas tous touchés de la même façon par le chômage en fonction de leur niveau de qualification, ils subissent tous les conséquences de la crise économique dans leur insertion professionnelle.

Pour en finir avec le sas de précarité entre la fin des études et le premier emploi stable, l’UNEF demande au gouvernement de prendre des mesures ambitieuses. A l’heure où les emplois d’avenir peinent à remplir leurs objectifs, parce qu’ils ciblent une catégorie spécifique de jeunes et se rajoutent à un système d’accompagnement vers l’emploi déjà complexe, l’UNEF revendique l’accès des jeunes au droit commun :

– L’ouverture du RSA aux moins de 25 ans pour en finir avec cette discrimination qui impose aux jeunes d’accepter n’importe quel emploi faute de ressources

– La reconnaissance des qualifications dans les conventions collectives pour assurer aux jeunes une rémunération qui correspond à leur diplôme.