Espagne, 30 ans après, le droit à l’avortement est menacé

 

Le gouvernement conservateur espagnol de Mariano Rajoy vient d’annoncer un projet de loi durcissant considérablement l’accès à l’avortement. Alors que la précédente législation était l’une des plus favorables d’Europe,. Cette loi, si elle venait à être votée, ferait de l’Espagne le pays le plus conservateur en matière d’accès à l’avortement.

 

Le nouveau texte de loi, appelé « loi organique de protection de la vie de la personne conçue et des droits de la femme enceinte », vise à faire passer l’avortement d’un droit à un délit régulé.

Concrètement, pourront avorter uniquement les femmes victimes d’un viol et celles dont la grossesse constitue un risque pour leur vie. Le gouvernement espagnol revient sur un droit acquis il y a 30 ans, celui du droit pour chaque femme à disposer de son corps.

L’adoption d’une telle loi constitue d’une part un risque sanitaire majeur et d’autre part un recul conservateur sans précédent en Espagne. Les femmes espagnoles seront contraintes d’avorter clandestinement, sans garantie concernant les normes d’hygiène ou à dépenser des sommes importantes pour se rendre à l’étranger où l’avortement est légal. En plus de mettre en danger la vie de milliers de femmes, le gouvernement espagnol les privent de faire leur propre choix de vie, en décidant à leur place de ce qu’elles doivent faire de leur sexe et de leur ventre.

 

La situation espagnole doit nous concerner tous et toutes.

C’est la démonstration que rien n’est jamais acquis : même dans un pays cité en exemple en matière de droit à l’avortement, ce droit peut être profondément attaqué du jour au lendemain. En Europe, aucun texte ne revient sur l’importance des politiques permettant une interruption volontaire de grossesse, le parlement européen ayant rejeté une proposition en décembre dernier allant dans ce sens. La situation espagnole est une porte ouverte à tous les conservateurs d’Europe qui tentent de reprendre le contrôle sur le corps des femmes.

 

Rien n’est acquis en Europe et rien n’est acquis en France.

Le droit à disposer de son corps reste très timide et la situation espagnole risque d’avoir un impact sur les femmes françaises. Ainsi, il deviendra impossible à toutes celles ayant dépassé les délais légaux de se rendre en Espagne pour avorter. Cette situation met en lumière la faiblesse de la législation française. Tout reste encore à conquérir : des délais pour avorter en passant par l’intégration des pratiques des IVG dans les formations des futurs médecins.

L’avortement est un droit, acquis de hautes luttes par les féministes, qui permet aux femmes de disposer librement de leur corps et de faire leur propre choix de vie. Pour ne pas se laisser dicter nos choix de vie par les prophètes de l’ordre moral, aujourd’hui encore plus qu’hier, il est important de s’engager pour l’égalité et le droit à une sexualité libre.

 

C’est pourquoi l’UNEF appelle tous les étudiants à participer aux rassemblements organisés à Paris et partout en province aux dates suivantes:

11 janvier


À Montpellier, à 14h30 place de la Comédie.
À Lyon, à 14h30 devant la mairie de Villeurbanne (Métro A, arrêt Gratte-Ciel), à l’initiative de la plateforme féministe 69. (Les partis politiques, les organisations politiques et syndicales sont invitées à participer sans visibilité.) 
 
À Bordeaux, à 11h devant le consulat d’Espagne.

18 janvier
À Lyon, devant l’ambassade d’Espagne.
À Lille, à 14h30 place de l’Opéra.

19 janvier

À Clermont-Ferrand, à 14h place de Jaude.