Conférence de presse du Président de la République : une « feuille de route » qui annonce une « revalorisation des bourses » mais laisse peu de place à la priorité jeunesse.

Au cours de sa conférence de presse de rentrée, le Président de la République a détaillé sa « feuille de route » pour le reste du quinquennat. Il a notamment annoncé la poursuite de la revalorisation des bourses universitaires. Cette annonce, attendue par les étudiants et qui doit être précisée, ne suffit pas à faire oublier l’absence de mesures pour la formation et l’emploi des jeunes.

 

« Nous poursuivrons la revalorisation des bourses universitaires »

Face à la précarité étudiante, facteur de reproduction sociale dans l’enseignement supérieur, François Hollande a pris l’engagement, pendant sa campagne électorale, de mettre en place une allocation d’autonomie. 

 En juillet dernier, il a annoncé un premier investissement de 200 millions d’euros pour augmenter le nombre et le montant des bourses. Geneviève Fioraso, ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, a précisé que cet investissement se ferait en deux temps : une première revalorisation à la rentrée de 2013, une seconde prévue pour la rentrée 2014.

Les annonces du Président de la République doivent donc être précisées. S’il ne s’agit que de confirmer les engagements déjà pris, les étudiants ne s’en satisferont pas. C’est au contraire un nouvel investissement de 200 millions qui doit être prévu à la rentrée 2015, pour que l’engagement d’une allocation d’autonomie d’ici la fin du quinquennat reste crédible. 

Le Président de la République a été explicite sur la baisse des cotisations sociales des entreprises jusqu’en 2017, les étudiants attendent au moins autant de clarté pour l’augmentation de leurs bourses.

 

Emploi des jeunes : un constat erroné et des mesures qui ne sont pas à la hauteur

Le Président de la République s’est félicité de la baisse du chômage des jeunes. Une baisse pourtant très relative, puisque les chiffres de Pôle Emploi sont contredits par ceux de l’OCDE ou d’Eurostat. Les statistiques sont en revanche unanimes sur l’explosion des contrats précaires chez les jeunes ces dernières années.

Ainsi, l’annonce du Président de la République de créer 50 000 nouveaux emplois d’avenir et 35 000 services civiques supplémentaires n’est pas satisfaisante. Trop ciblés, trop précaires, ces dispositifs paraissent en décalage avec les propos de François Hollande quand il considère « insupportable » de ne pas être en CDI à 25 ans. 

Plutôt que de multiplier les dispositifs spécifiques, le gouvernement doit passer un cap dans sa politique d’emploi des jeunes en ouvrant deux chantiers :

– L’accès des jeunes aux minima sociaux. En excluant les moins de 25 ans du RSA, l’Etat discrimine les jeunes, les enfonce dans la pauvreté et les contraint à accepter les emplois précaires.

Des négociations entre partenaires sociaux pour la reconnaissance des qualifications des jeunes dans leur emploi. Selon une enquête du CESE, 90% des employeurs sont satisfaits de la formation des jeunes. Ils subissent pourtant un déclassement avec des rémunérations très éloignées de leur niveau d’étude et des contrats de travail précaires. 

 

Financement des universités : la lutte contre l’échec ne se fera pas à moyen constant.

Absentes de la conférence de presse du Président de la république, les universités nécessitent pourtant toute l’attention des pouvoirs publics. Depuis leur passage à l’autonomie, elles s’enfoncent dans une profonde crise budgétaire. 

 Malgré le vote d’une loi sur l’enseignement supérieur qui affiche une priorité à la réussite, les étudiants voient leurs conditions d’étude se dégrader. Les premiers cycles universitaires sont touchés par les coupes budgétaires : baisse de l’encadrement, dégradation des locaux, limitation du nombre d’inscription…

Faire baisser les 50% d’échec en première année de licence, objectif indispensable pour un Président de la République qui fait de la jeunesse une priorité, nécessitera un plan d’investissement ciblé vers les premiers cycles universitaires.