Augmentation des droits d’inscription dans les écoles des Mines et Télécom : l’UNEF met en garde le gouvernement et dépose un recours au Conseil d’Etat

Vendredi 28 février, l’UNEF a déposé un recours au Conseil d’Etat afin de contester l’augmentation des droits d’inscription dans les écoles de l’Institut Mines-Télécom qui passent de 850 à 1 850 euros par an.

L’UNEF dénonce cette augmentation massive des droits d’inscription dans un établissement d’enseignement supérieur public. L’UNEF a déposé un recours au Conseil d’Etat et soutient également le recours du GISTI concernant l’augmentation de 350% des frais de scolarité pour les étudiants étrangers hors Union Européenne.

L’UNEF demande au gouvernement de clarifier sa position sur les droits d’inscription dans les établissements publics. En aucun cas, leurs difficultés budgétaires ne peuvent justifier un renforcement de la sélection sociale dans l’enseignement supérieur.

L’UNEF met en garde le gouvernement contre toute volonté de récidive : une augmentation des droits d’inscription dans les universités serait inacceptable.

Le décret pour les écoles des Mines et Telecom est juridiquement contestable

L’UNEF rappelle que l’Etat a une obligation légale d’assurer l’égalité entre les usagers du service public. Imposer des droits d’inscription d’un montant insoutenable pour certains étudiants, alors même que l’établissement n’en a pas un besoin absolu, remet en cause ce principe d’égalité et justifie un recours au Conseil d’Etat.

Une décision qui vient relancer le débat sur les droits d’inscription en France

Les établissements de l’enseignement supérieur français connaissent de sérieuses difficultés budgétaires. Les récentes annonces du président de la république visant à économiser 50 milliards d’euros ne peuvent que nous inquiéter pour l’avenir.

L’UNEF rappelle que l’augmentation des droits d’inscription ne peut en aucun cas être une alternative face à l’absence de volonté politique pour investir dans l’enseignement supérieur. L’augmentation massive des droits d’inscriptions remettrait en cause un des piliers de notre service public. Demander aux étudiants de financer eux-mêmes leur formation, c’est faire de l’éducation un investissement privé réservé à une minorité de jeunes.

Les exemples internationaux devraient ramener le gouvernement à la raison : le reflux de la démocratisation au Royaume-Uni, la « dette étudiante » aux Etats-Unis qui a dépassé les 1000 milliards de dollars…

L’UNEF n’acceptera pas que le gouvernement s’attaque au service public et renforce une dette éducative dont les conséquences économiques et sociales seraient désastreuses pour le pays.

Pour relancer l’ascenseur social : gratuité des études et droits sociaux pour les jeunes

La dernière enquête de l’OVE a rappelé l’urgence de la situation sociale des étudiants : plus de la moitié d’entre eux connaît des difficultés financières et le salariat étudiant représente un des principaux freins à la réussite.

L’UNEF demande au gouvernement :

– Le retour des droits d’inscription des écoles des mines au niveau règlementaire pour les écoles d’ingénieur, soit 650 euros par an.
– L’engagement que les droits d’inscription à l’université n’augmenteront pas jusqu’à la fin du quinquennat et un financement public des établissements à hauteur de leurs besoins
La poursuite de l’investissement dans le système des bourses, qui a commencé à la rentrée 2013 et doit se poursuivre à la rentrée 2014 pour atteindre 200 millions d’euros, conformément aux engagements de la Ministre de l’Enseignement Supérieur.

L’UNEF rappelle au gouvernement de la « priorité jeunesse » qu’il est attendu sur l’augmentation des bourses et non des droits d’inscription !