“Contre la fuite en avant: l’UNEF s’oppose à l’augmentation généralisée des frais de scolarité à l’Université Paris-Dauphine à la rentrée 2014”

Le projet tarifaire pour l’année 2014/2015 soumis au vote du conseil d’administration mardi 3 mars 2014 à 17h propose une hausse généralisée des frais d’inscription pour les diplômes de grand établissement et d’université.

 La hausse se concentre en majorité sur des formations de master, soumises à des barèmes de frais d’inscription dégressifs calculés selon le revenu du foyer fiscal des étudiants. Si les boursiers et les étudiants pour lesquels ce revenu est inférieur à 35 000€/an ne paieront que les droits d’inscription nationaux, le reste du barème augmente considérablement: 1620€ pour la première tranche, et jusqu’à une augmentation du dernier palier de 4200€ à 5940€, soit une hausse de 41%. 

Ce relèvement généralisé apparait être encore plus prononcé pour les étudiants dont le foyer fiscal est établi hors de l’Union européenne qui devront s’acquitter de frais  de scolarité de 7000€, indépendamment de leur niveau de revenu, soit plus du double du montant de cette année, 3150€. 

Face à une mise en concurrence croissante entre les meilleurs établissements à l’échelle internationale, l’UNEF s’interroge également sur la volonté d’augmenter ainsi les frais de scolarité des étudiants étrangers, qui pourrait contrevenir à l’objectif d’internationalisation de l’établissement.

Les formations de premier cycle et les magistères sont eux aussi touchés par des augmentations moins importantes, mais qui s’ajoutent à celles des années précédentes, sans qu’aucunement la direction de l’établissement ne se prononce sur le principe d’un gel de ces frais de scolarité. Le président Laurent Batsch évoquait le 17 février dernier au micro de RTL un besoin de combler les 6000€ de différentiel entre le coût de la formation à l’université Paris-Dauphine et le montant de la dotation publique.

 

L’UNEF déplore que l’Université choisisse  aujourd’hui de faire reposer une telle compensation sur les étudiants sans qu’ils ne soient associés au débat sur cette question. 

La direction de Paris-Dauphine alimente ainsi consciemment le problème croissant de l’endettement étudiant, tandis qu’aucun mécanisme automatique n’est proposé pour pallier ces augmentations qui touchent nombre d’étudiants victimes d’effets de seuil, basculant d’une tranche à une autre pour quelques centaines d’euros de trop.

L’UNEF tient à déplorer les modalités d’information des élus au Conseil d’administration sur ce projet, le choix de l’envoi la semaine précédant le conseil, durant une période de vacances scolaires et uniquement par courrier postal ne permettant pas un large débat sur la question centrale de la place des frais d’inscription dans le financement de l’Université Paris-Dauphine.

 

L’UNEF appelle l’ensemble des acteurs du monde universitaire à la responsabilité quant à la question des frais d’inscription dans l’enseignement supérieur. Dans un contexte de tension sociale pour les étudiants, l’UNEF souhaite interpeller les pouvoirs publics sur les dérives en matière de frais de scolarité dans les établissements à statut dérogatoire, tels que les Grands Etablissements. 

 Fermement opposée à cette augmentation, l’UNEF appelle le Conseil d’administration à rejeter ce projet et à ouvrir une réflexion sur le gel des frais de scolarité et l’évolution du financement de l’Université Paris-Dauphine. Afin de pouvoir échanger sur cette question, l’UNEF appelle à la tenue d’une réunion publique ouverte à tous les étudiants le mardi 11 mars à 17h à Paris-Dauphine.