Suppression des aides au logement pour les étudiants non boursiers ? L’UNEF s’inquiète d’une mesure qui représenterait une attaque en règle contre les jeunes

Le gouvernement travaille actuellement sur les prévisions budgétaires qui devraient aboutir à une économie de 50 milliards d’euros sur les dépenses publiques. Parmi les sujets mis sur la table, la suppression pure et simple des aides au logement pour les étudiants non-boursiers est proposée par Bercy. Une mesure semblable avait déjà été proposée par le gouvernement en 2010, avant une retraite en rase campagne sous la pression des étudiants.

L’UNEF rappelle son opposition à toute remise en cause du caractère universelle des aides au logement, condition indispensable pour que les jeunes accèdent à un logement autonome.

 

Supprimer les APL et les ALS aux non-boursiers : le droit au logement des étudiants est remis en cause

Selon l’Observatoire des Loyers de l’Agglomération Parisienne (OLAP), le loyer est compris en moyenne entre 670€ par mois à Paris et 380€ par mois en régions pour un logement de petite surface, dans le parc locatif privé. Le paiement du loyer est déjà le premier poste des dépenses des étudiants et représente la moitié de leur budget.

La mesure d’économie présentée revient à supprimer, pour 550 000 étudiants allocataires, une aide entre 150€ et 200€ par mois. En supprimant brutalement un tiers de leur revenu, cette mesure empêchera des jeunes de rester dans leur logement, et donc de poursuivre leurs études dans l’enseignement supérieur.

 

Une mesure antisociale, particulièrement difficile pour les étudiants issus des classes moyennes,  qui s’attaque à l’autonomie des jeunes

La fin de l’universalité des aides au logement irait à rebours des besoins des étudiants dans une période de précarité et d’incertitudes pour leur avenir. Cette mesure rendrait les étudiants plus dépendant de leur famille, elles-mêmes frappées par la crise. La suppression des aides au logement signifierait une double peine pour les 70% d’étudiants exclus du système de bourse qui se verraient désormais privés de la seule aide à laquelle ils ont droit.

 

Si le gouvernement s’attaque aux aides au logement, au nom de la réduction des dépenses publiques, il devra assumer d’entrer en confrontation avec les étudiants.

L’UNEF rappelle au gouvernement qu’il est attendu sur l’amélioration des conditions de vie des étudiants à la prochaine rentrée, pas sur la remise en cause de leurs droits.

L’UNEF exige que le gouvernement prenne rapidement une position publique pour affirmer que les aides au logement des étudiants ne seront pas remises en cause pendant le quinquennat.