Institut Mines-Télécom : un collectif appelle Arnaud Montebourg à revenir sur l’augmentation des droits de scolarité

Le 23 décembre 2013, Arnaud Montebourg, Ministre de l’Économie, du Redressement productif et du Numérique, signait un arrêté augmentant les droits de scolarité de 1000 euros pour les étudiants européens et de 3000 euros pour les étudiants hors UE dans les neuf écoles de l’Institut Mines Télécom. 

Cette augmentation, qui remet en cause l’accès à tous à ces écoles d’ingénieurs, a suscité une vive opposition au sein des différentes communautés de l’Institut Mines-Télécom : étudiants élus, représentants du personnel et associatifs, enseignants, syndicats professionnels (CGT, CFDT, SUD), anciens élèves. Réunis en collectif, ils interpellent aujourd’hui Arnaud Montebourg dans une lettre ouverte. 

L’UNEF, après avoir déposé un recours au Conseil d’État contre cette augmentation, s’associe au collectif auquel elle apportera tout son soutien pour faire aboutir ses revendications. Retrouvez ci-dessous la lettre ouverte du collectif adressée au Ministre de l’Économie, du Redressement productif et du Numérique

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Hausse vertigineuse des droits de scolarité dans l’enseignement supérieur : l’ascenseur social… à péage. Signez la pétition contre la hausse des droits de scolarité à l’Institut Mines-Telecom

 

La Direction Générale de L’Institut Mines-Télécom (IMT) a récemment annoncé une hausse drastique et sans précédent des droits de scolarité de ses Écoles pour la rentrée 2014. L’arrêté ministériel publié le 23 décembre prévoit une hausse de 1000 € (+118%) pour les étudiants européens et de 3000 € (+353%) pour les étudiants étrangers hors convention inter-établissement. Ni les représentants des élèves, ni ceux du personnel n’ont été consultés. Il en a été de même pour les étudiants des classes préparatoires, les premiers concernés.

 Comme on peut l’observer dans d’autres établissements, cette hausse n’augmentera pas les moyens de nos Écoles puisqu’elle s’articule à une baisse de la subvention de l’État. Elle fait au contraire reposer en partie sur les familles la prise en charge du service public de l’enseignement supérieur alors que sa gratuité est un principe constitutionnel. 

Augmenter les droits de scolarité renforce les inégalités en ajoutant une discrimination fondée sur l’argent alors que nos Écoles souffrent déjà d’un manque de diversité sociale. Pour une famille populaire, le coût de la vie d’un étudiant, mais aussi une forme d’autocensure rendent déjà difficile l’accès aux études supérieures. Les boursiers seront certes exonérés, mais les classes moyennes les moins aisées paieront l’intégralité des frais (des revenus nets imposables supérieurs à 33100€/an ne donnent en général pas droit à une bourse). L’augmentation des droits de scolarité accroîtra leur endettement (pour mémoire, les étudiants américains cumulent 1000 milliards de dollars de dettes). Doit-on vraiment faire reposer le budget des Écoles sur leur capacité à recruter des étudiants de familles riches ?

L’enseignement supérieur manque de moyens (la part de la dépense nationale qui lui est dévolue rapportée au PIB est faible et en diminution). Ce n’est pas aux familles d’en payer la facture ! Si l’on pense que l’économie française a besoin de plus d’ingénieurs, si l’enseignement supérieur est considéré comme une priorité nationale, alors il doit être financé par la nation via un impôt redistributif. Ainsi, les étudiants bénéficiant d’un salaire confortable à la sortie de l’École pourront participer, à hauteur de leurs revenus, à l’effort national.

Les élèves ingénieurs ne sont pas des « privilégiés ». Ils bénéficient certes d’une dépense par étudiant plus importante qu’à l’Université, mais la faiblesse du financement des universités ne doit pas servir de prétexte à un nivellement par le bas de l’engagement de l’État dans l’ensemble des établissements d’enseignement supérieur.

Par ailleurs, l’augmentation différenciée des droits pour les étudiants étrangers est une mesure discriminatoire qui feint d’oublier l’apport des ingénieurs étrangers à la richesse nationale.

 Collectif contre la hausse des droits de scolarité à l’Institut Mines Télécom (ouvert aux élèves, personnels, jeunes chercheurs, anciens élèves de l’IMT)

 

Premiers signataires :

Olivier BERGER, Ingénieur de recherche, Télécom Sud Paris

Rémi BLANCHET, Président du Bureau des élèves (BDE) des Mines de Douai

Cyrille BOULNOIS, Elu étudiant au Conseil d’administration des Mines de Douai

Clément BROSSARD, Président de l’association des anciens élèves des Mines d’Albi

Philippe CIBLAT, Professeur, Télécom ParisTech

Marceau COUPECHOUX, Maître de conférences à Télécom ParisTech, CGT

Jean-Marie DUVIVIER, Président de l’association des anciens élèves des Mines de Douai

Isabelle ELIEZ, Télécom Bretagne, SUD Solidaires

Nicolas GOESTER, Trésorier du BDE de Télécom ParisTech

Maurine KERSALE, Présidente du BDE de Télécom Bretagne

Claire LECOCQ, Maître de Conférences, élue CGT au Conseil d’Ecole de Telecom SudParis

Patrick LAMBEIN, Elu suppléant au Conseil d’école de Télécom ParisTech

William MARTINET, président de l’UNEF

Clément NEYRAND, Elu étudiant au Conseil d’administration des Mines de Douai

Gérald OUVRADOU, Maître de Conférences, Télécom Bretagne, SUD Solidaires

Samuel TARDIEU, Maître de Conférences, Télécom ParisTech