Supprimer les APL ? Les étudiants disent non !

L’actualité a été bousculée ces derniers jours par la menace que les APL (Aides Personnalisées au Logement) soient supprimées dans le cadre du plan d’économie de 50 milliards d’euros, rédigé par le gouvernement. L’UNEF a vivement réagit et a poussé le gouvernement à renoncer à ce projet. Retour sur 24H de bataille pour les étudiants. 

Dimanche 13 avril, le gouvernement inclut la suppression des APL pour les étudiants dans son plan d’économies budgétaires

Alors que le gouvernement travaille sur un plan de réduction des dépenses publiques de 50 milliards d’euros, le ministère du Budget envisage de faire 800 millions d’euros d’économies en supprimant les APL pour les étudiants non-boursiers. Il s’apprête alors à retirer à 550 000 étudiants la seule aide auxquels ils peuvent prétendre pendant leurs études.

Comprises entre 150 euros et 200 euros par mois, les APL sont une aide indispensable pour que les jeunes accèdent à un logement autonome et ainsi aux études de leurs choix. Le loyer est aujourd’hui le premier poste de dépenses pour les étudiants, ils y consacrent la moitié de leur budget. Privés de cette aide, 550 000 étudiants seraient ainsi contraints de retourner vivre chez leurs parents, et pour beaucoup empêchés de poursuivre leurs études.

Dimanche 13 avril à 9h : les projets du gouvernement ont fuité et sont publiés par le journal JDD

A la sortie du journal du JDD, la population a pris soudain connaissance de l’articulation concrète des mesures d’économie budgétaire. Pour l’UNEF, supprimer les APL pour les étudiants non-boursiers serait une « déclaration de guerre du gouvernement », dans un contexte où la moitié des étudiants connaissent des difficultés financières, selon l’Observatoire de la Vie Etudiante.

Dimanche 13 avril à 16h : à l’initiative de l’UNEF, la grogne monte sur les réseaux sociaux

Refusant toute remise en cause du caractère universel des aides au logement, l’UNEF prend l’initiative d’alerter sur les réseaux sociaux et de mobiliser les étudiants pour exiger que les fuites du JDD soient infirmées dans les plus brefs délais par le gouvernement. La page « non à la suppression des APL » est ainsi crée et mobilise en quelques heure plus de 4000 personnes. 

Lundi 14 avril au matin : le gouvernement reste sourd aux inquiétudes des étudiants

Alertée par la mobilisation grandissante des étudiants sur les réseaux sociaux, les médias se saisissent du sujet et interpellent le matin même, Michel Sapin, ministre du budget, sur Europe 1. Plutôt que d’infirmer une éventuelle suppression des APL, le ministre déclare que tout est « sur la table ». En refusant de prendre position, le gouvernement confirme les inquiétudes des étudiants et crée un climat anxiogène. La réponse ne se fait pas attendre. Sur France Inter, par la voix de son président William Martinet, l’UNEF met en garde le gouvernement : « si tout est sur la table, alors la mobilisation étudiante l’est aussi ».

Lundi 14 Avril, fin d’après-midi: le gouvernement renonce à supprimer les APL pour les étudiants

Face à l’absence de réaction du gouvernement, la mobilisation sur les réseaux sociaux s’est intensifiée. La page « Non à la suppression des APL » réunit jusqu’à près de 9000 personnes. Finalement, le gouvernement cède à la pression, et la Secrétaire d’Etat à l’enseignement supérieur, Geneviève Fioraso annonce officiellement que les APL seront maintenus pour tous les étudiants.

Après cette première victoire, l’UNEF appelle les étudiants à rester vigilant sur la rentrée universitaire

En 24H, la mobilisation importante des étudiants a permis le recul du gouvernement sur ce projet. Cependant, en maintenant le cap de 50 milliards d’euros d’économies sur les dépenses publiques, de nombreux droits étudiants restent menacés par les choix du gouvernement. L’UNEF continue d’appeler à la vigilance des étudiants et fixe deux lignes jaunes. Tout d’abord, les étudiants doivent voir s’améliorer leurs conditions de vie à la rentrée. L’UNEF avait obtenu que 100 millions d’euros soient investis dans le système de bourses pour y faire entrer 100 000 étudiants supplémentaires. Il serait inacceptable que cet engagement déjà pris soit remis en cause. Ensuite, la situation budgétaire des universités doit nettement s’améliorer. L’UNEF met en avant l’urgence d’un plan de financement qui garantisse aux formations de premiers cycles d’avoir des moyens suffisants pour la réussite des étudiants.

L’UNEF suivra attentivement le conseil des ministres du 23 avril : si le gouvernement veut faire les poches des étudiants, ils n’hésiteront pas à se mobiliser une nouvelle fois.