Les étudiants en soins infirmiers en attente de l’égalité des droits

Les étudiants en soins infirmiers n’en ont pas fini avec la mobilisation pour leurs droits. Depuis les premiers reculs de la Fédération de l’Hospitalisation Privée (FHP) sur l’embargo mis sur les stages, une pétition lancée par l’UNEF circule pour demander l’égalité des droits entre les étudiants des universités et ceux des Instituts de Formation en Soins Infirmiers (IFSI). Retrouvez la pétition en cliquant ici !

Face au chantage de la FHP, les étudiants se mobilisent et gagnent de premières victoires sur leurs stages

Au mois de mars, la Fédération de l’Hospitalisation Privée (FHP) prenait les étudiants en soins infirmiers en otage. Engagée dans un bras de fer avec le Ministère des Affaires sociales et de la Santé, la FHP se servait du blocage des stages dans les cliniques privées pour faire aboutir sa revendication d’une tarification plus favorable que les établissements publics. C’était ainsi plus de 30 000 offres de stages dont ont été privés les étudiants en soins infirmiers et autant d’étudiants menacés de ne pas pouvoir être diplômés, le stage étant une obligation de scolarité dans les IFSI.

Les étudiants se sont donc mobilisés. Réunis en assemblées générales, ils ont été des milliers à effectuer des actions et manifestations dans leurs IFSI et leurs villes le mardi 4 février ; une manifestation nationale était prévue à Paris le 13 mars suite au succès de cette première journée. C’est face à cette mobilisation, soutenue par l’UNEF, que la FHP a renoncé et que le blocage des stages fut arrêté.

La mobilisation continue pour améliorer les conditions d’étude en soin infirmiers

Le recul de la FHP est une première étape dans la mobilisation des étudiants en soins infirmiers. Mais ceux-ci ont décidé, avec l’UNEF, de maintenir la pression pour améliorer leurs droits étudiants. Ils subissent actuellement une inégalité des droits qui n’est pas acceptable.

Bien que la majorité de leur formation se passe en stage, les étudiants en soins infirmiers sont exclus du droit commun en termes de rémunération. Alors que l’UNEF a obtenu la rémunération obligatoire à partir du deuxième mois de stage à 436 euros minimum, les étudiants en soins infirmiers doivent se contenter de quelques dizaines d’euros (de 23 euros à 40 euros) par semaine.

Ceci n’est pas compensé par un système d’aide sociale lui aussi en-deçà du droit commun : les bourses des étudiants en soins infirmiers sont gérées par les régions et pas par les CROUS. Les étudiants ne bénéficient donc pas automatiquement des avancées (revalorisation, 10e mois de bourse, nouveaux échelons…) obtenus par l’UNEF.

Enfin, c’est la reconnaissance même de leur formation qui est négligée : malgré trois années de formation, le diplôme n’est pas une licence mais « reconnu grade licence », qui ne donne pas les mêmes droits (au redoublement, à la poursuite d’études…) que la licence et dévalue le niveau de formation sur le marché du travail.

Face à cette inégalité, l’UNEF lance une campagne dans les IFSI. De la même manière qu’ils se sont mobilisés pour sauver leurs stages, les étudiants en soins infirmiers sont appelés à revendiquer collectivement l’égalité de leurs droits avec ceux de l’ensemble des étudiants. C’est en étant le plus nombreux possible à signer la pétition lancée à l’initiative de l’UNEF, que le syndicat sera en mesure de mettre la pression et de se faire entendre auprès du Ministère des Affaires sociales et de celui de l’Enseignement supérieur.