En direct de la Conférence Mondiale de la Jeunesse (partie 3)

Mercredi : état des lieux du Programme pour le Développement et début des négociations

Ce mercredi s’ouvraient les premiers travaux en ateliers et en plénière. La journée était consacrée à un retour sur l’action de l’ONU et des pays membres à propos des objectifs qu’ils s’étaient fixés en 2000. Plus qu’un bilan, il s’agissait de dresser un état des lieux de ces défis et d’identifier les difficultés rencontrées, afin d’y apporter des solutions dans les prochains jours de cette conférence.

L’UNEF a participé – au nom du FFJ – aux ateliers concernant l’inclusion des jeunes à tous les niveaux de participation, ainsi que le plein emploi et la promotion de l’entreprenariat. 

Inclusion des jeunes à tous les niveaux de participation

Les formes de pouvoirs étant complètement différentes d’un pays à l’autre, l’atelier a été d’abord un exercice de synthèse : quel que soit le pays du monde, les jeunes sont peu investis dans l’élaboration des politiques, par manque de connaissance du système, par désintérêt ou parce qu’ils n’y sont pas écoutés. 

L’UNEF est intervenue au nom du FFJ et de la France pour faire remarquer que la jeunesse participe peu aux prises de décisions ; notamment  parce qu’elle est souvent infantilisée. Nous avons également pointé le peu de volonté des institutions de mettre en place de réelles politiques d’inclusion des jeunes. Dans nos sociétés patriarcales, un jeune est considéré comme inexpérimenté, tête-brûlée ou encore incapable de prendre des responsabilités. La lutte contre l’infantilisation de la jeunesse doit donc se faire en rupture avec des réflexes profondément ancrés, par exemple grâce à la mise en place de quotas jeunes dans les différents niveaux de participation. 

Plein emploi et entreprenariat

L’atelier s’est malheureusement concentré sur l’entreprenariat, considéré comme le corollaire direct du plein emploi. Les jeunes rencontrent de nombreuses difficultés pour monter leur entreprise aujourd’hui : manque de connaissances, de capacités, d’expérience, l’isolement, le manque de fonds et de financements… ainsi qu’une inégalité d’accès aux ressources technologiques. L’UNEF est intervenue au nom du FFJ pour essayer de démystifier l’entreprenariat et les conditions dans lesquelles un jeune doit monter son entreprise. C’est souvent par défaut, parce que le chômage est trop important, particulièrement le chômage des jeunes. Ils sont jugés trop inexpérimentés pour monter leur propre entreprise. Trop souvent, entreprenariat signifie pauvreté et inégalités. Nous ne cherchons pas simplement à donner aux jeunes la possibilité de travailler, mais surtout le droit à un emploi de qualité et de bonnes conditions de vie. 

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Début des négociations

Au sortir de la Conférence Mondiale de la Jeunesse 2014, un texte présentant les objectifs pour l’agenda post-2015 fixés par les pays représentés à la Conférence  – dit Déclaration de Colombo – sera voté. Aujourd’hui, les négociations ont porté sur le préambule de la Déclaration et ont vu s’opposer des pays plus ou moins progressistes. Nous déplorons que la jeunesse, pourtant au centre de cette Conférence, ne puisse pas participer aux négociations, mais simplement y assister.