Frais d’inscription à l’ENPC : une augmentation Royal !

 Le 7 mai 2013, Ségolène Royal, ministre de l’écologie et du développement durable, a signé un arrêté augmentant les frais d’inscription de l’Ecole Nationale des Ponts et Chaussées (ENPC) de plus de 1 000 euros pour les nouveaux inscrits à partir de la rentrée 2014 (de 1302 à 2 570) et de 100 euros pour les étudiants ayant déjà commencé leur cursus (de 1 302 à 1 402).

 

Les étudiants payent les conséquences de l’austérité

L’augmentation des frais d’inscription à l’ENPC a lieu dans un contexte de pénurie budgétaire dans l’enseignement supérieur. Confrontés à la hausse de leurs dépenses et à la faiblesse des subventions publiques, les établissements n’hésitent pas à faire les poches des étudiants. En décembre dernier, Arnaud Montebourg avait déjà augmenté de 1 000 euros les frais d’inscription dans les écoles des Mines et Télécoms. 

 

Une barrière de plus dans l’accès aux études

L’augmentation des frais d’inscription dans les Ecoles va aggraver la sélection sociale. Les étudiants boursiers sont exonérés des frais d’inscription, mais il suffit que les parents d’un étudiant gagnent plus de 1 400 euros chacun pour ne plus être boursier, et donc subir l’augmentation des frais d’inscription. Alors que le gouvernement se gargarise de faire sortir 1,8 millions de foyers de l’impôt sur le revenu, il n’hésite pas à faire payer plein pot les classes moyenne pour financer les études de leurs enfants ! 

Faire reposer le financement des établissements public sur les frais d’inscription est également une spirale dangereuse qui risque de gripper définitivement l’ascenseur social. C’est le début d’un renforcement des inégalités entre établissements en fonction de la proportion de boursiers qu’ils accueillent. Comment inciter les écoles à accueillir des étudiants des catégories populaires, si cela implique une baisse de leurs ressources ?

 

Priorité jeunesse, ou es-tu ?

 Alors que le ministre de l’Education Nationale et de l’Enseignement supérieur Benoit Hamon déclarait le 25 avril refuser « toute hausse de frais d’inscription », l’UNEF dénonce ces augmentations successives dans les écoles publiques: la sanctuarisation du budget de l’enseignement supérieur n’est pas à géométrie variable ! 

L’UNEF exige que le gouvernement renonce aux augmentations des frais d’inscription à l’ENPC et dans les écoles des Mines et Télécoms : les étudiants n’ont pas à payer les conséquences du plan d’économie. Une pétition signée par plus de 2000 étudiants et anciens étudiants des Mines et Télécoms a déjà été lancée et une autre va être lancée pour les étudiants de l’ENPC. 

 L’UNEF restera mobilisé contre l’augmentation des frais d’inscription et met en garde le gouvernement : il doit investir dans la jeunesse, avec une augmentation des bourses et du budget des formations, sinon les étudiants lui demanderont des comptes à la rentrée !