Grade master pour les infirmiers anesthésistes : un premier pas vers la reconnaissance de la formation en soins infirmiers

 

Avec plus de 600 manifestants jeudi 5 juin à Paris, les étudiants et professionnels infirmiers anesthésistes diplômés d’Etat (IADE) ont su mettre la pression sur le gouvernement, qui a annoncé que le grade master leur serait délivré ; un décret sera présenté en ce sens au CNESER en septembre.  Les deux années supplémentaires d’études nécessitées par la spécialité anesthésie n’étaient en effet jusqu’ici sanctionnées par aucune reconnaissance.

Une première victoire pour la reconnaissance de la formation en soins infirmiers

L’UNEF, mobilisée jeudi aux côtés des syndicats professionnels, se félicite de cette victoire. Elle rappelle cependant au gouvernement qu’il ne peut s’agir que d’un premier pas vers une reconnaissance de l’ensemble de la formation en soins infirmiers. Celle-ci est en effet actuellement fortement dévalorisée.

Le diplôme sanctionnant les trois premières années d’études n’est reconnu que grade licence, et pas comme un réel diplôme de licence, entraînant une exclusion du droit commun tant face aux conditions d’études (droit au redoublement, aux rattrapages…) qu’aux conditions de vie (les bourses des étudiants en soins infirmiers (ESI) sont gérées par les régions, entraînant des aides parfois moins importantes que celles du CROUS). Les spécialités, à l’exception désormais des infirmiers anesthésistes, ne sont elles pas reconnues grade master, entraînant une dévalorisation notamment salariale une fois en situation professionnelle.

Un cursus LMD pour les soins infirmiers

L’UNEF refuse que les étudiants en soins infirmiers soient marginalisés du service public de l’enseignement supérieur : la spécificité de leur formation ne peut pas justifier l’inégalité de droits et de reconnaissance qu’ils subissent actuellement. L’UNEF revendique donc l’intégration des IFSI aux universités et la création d’un cursus Licence-Master-Doctorat (LMD) en soins infirmiers, seule garantie du droit commun en termes de droits étudiants et de reconnaissance du niveau de qualification avec un vrai diplôme de licence pour la formation initiale puis de master pour les spécialités.

L’UNEF revendique donc :

– La reconnaissance du grade master à l’ensemble des spécialités

– L’accès des étudiants en soins infirmiers au droit commun pour la gratification des stages (les ESI devant se contenter de 20 centimes d’euros par heures actuellement contre 436€ par mois au moins pour le reste des étudiants) et la gestion des bourses par le CROUS

– L’ouverture de négociations sur une réforme de la formation en soins infirmiers débouchant sur la création d’un cycle LMD avec l’intégration des IFSI aux universités