Une réforme de la pédagogie… sans moyens ?

A l’occasion de leur conférence de presse de rentrée, Najat Vallaud-Belkacem et Geneviève Fioraso ont annoncé l’ouverture d’un chantier sur la pédagogie et précisé le budget de l’enseignement supérieur pour l’année 2015.

Geneviève Fioraso avait déjà annoncé l’ouverture d’un chantier sur la pédagogie lors du CNESER du 15 septembre, sans pour autant préciser sa feuille de route. A l’occasion de la conférence de presse de rentrée, les ministres n’ont pas apporté de précisions supplémentaires. Les seules annonces concrètes concernent le financement de l’enseignement supérieur et elles sont particulièrement inquiétantes !

Pas de feuille de route pour la pédagogie

Les ministres ont cité des leviers importants pour améliorer la réussite universitaire : accompagnement renforcé des étudiants, généralisation du contrôle continu et développement du numérique.

L’UNEF rappelle aux ministres que les déclarations de principe ne suffisent pas pour réformer la pédagogie. Il est indispensable d’engager des chantiers structurels dans l’enseignement supérieur :

– Le lancement d’un grenelle de la pédagogie qui doit réunir l’ensemble de la communauté universitaire et fixer les priorités d’une réforme pédagogique

– La revalorisation de la pédagogie dans la formation, le recrutement et l’évolution de carrière des enseignant-chercheurs

– Le financement de la recherche pédagogique dans les universités à travers les Ecoles Supérieures du Professorat et de l’Education (ESPE)

– Le développement de l’évaluation des enseignements par les étudiants

Les universités au pain sec et à l’eau

La dernière condition, indispensable, pour reformer la pédagogie dans les universités est un investissement budgétaire. En annonçant un budget de l’enseignement supérieur en hausse de seulement 45 millions d’euros, les ministres ont fermé la porte à toute réforme ambitieuse. 

Ces 45 millions correspondent au financement de la deuxième étape de la réforme des bourses. Le budget des universités continuera donc de stagner. Les établissements n’auront pas les moyens de faire face à la hausse du nombre d’étudiants (+2% d’inscrits pour cette rentrée) et encore moins de créer les 1000 postes qui leurs sont attribués par le ministère.

L’UNEF refuse que les étudiants payent les conséquences de l’austérité budgétaire et exige :

– 200 millions d’euros  pour financer intégralement les 1000 créations de poste et les augmentations des charges des universités pour l’année 2015

– La réforme des appels à projet pour l’innovation pédagogique, afin d’inclure les étudiants dans la sélection des projets et garantir un objectif de démocratisation

– La réorientation d’1 milliard d’euros du Crédit Impôt Recherche (CIR) vers les premiers cycles universitaires