3ème sommet européen sur l’emploi des jeunes : il est temps de passer aux actes !

Mercredi 8 octobre se tient à Milan un sommet européen sur l’emploi des jeunes. Alors que plus d’un jeune européen sur cinq, soit 5,3 millions de jeunes, est au chômage, les dirigeants tant des institutions que des Etats de l’Europe tardent à apporter une réponse à la hauteur de l’enjeu. Les jeunes européens attendent de ce sommet des mesures ambitieuses pour faire respecter le droit des jeunes européens à l’emploi.

Des mesures de saupoudrage insuffisantes et inégales

En février 2013, les ministres du Travail de l’UE s’étaient accordés sur un plan de 6 milliards d’euros à destination des jeunes chômeurs, plus particulièrement à ceux « ni en emploi ni en formation », sous la forme d’une « garantie jeunes ». Sa mise en œuvre est aujourd’hui quasi-ineffective, notamment du fait de la faiblesse du montant : à peine plus de 1100 euros par jeune chômeur. Selon l’OIT, une « garantie jeunes » efficace à l’échelle de la zone euro reviendrait à 21 milliards d’euros.

Les inégalités entre pays européens sont criantes. Neuf mois plus tard, seuls deux pays (la France et l’Italie) ont obtenu leurs premiers versements. Six ans après le début de la crise, les jeunes attendent donc encore que l’Union européenne prenne la mesure des enjeux. Le caractère européen du phénomène appelle une réponse à l’échelle continentale.

Le président de la Commission Jean-Claude Juncker a annoncé vouloir mettre en place un plan de 300 milliards d’euros sur les trois prochaines années pour lutter contre le chômage. L’UNEF réclame que la mise en protection sociale et l’accompagnement vers l’emploi des jeunes soit un des piliers du plan de la commission européenne.

Face au millefeuille des dispositifs jeunes, ouvrons le droit commun !

En France, la volonté de faire monter en charge la « garantie jeunes » pour toucher 100 000 jeunes d’ici la fin de quinquennat est encore insuffisante. En s’ajoutant au millefeuille des dispositifs spécifiques à destination des jeunes, « la garantie jeunes » ne remet pas en cause l’illisibilité du système actuel.

L’UNEF exige un réel droit à l’emploi et à la protection sociale pour les jeunes. L’extension de la « garantie jeune » et l’annonce de la fusion entre le RSA et la PPE doivent être des portes d’entrée pour que les jeunes accèdent au droit commun.

A travers un portail unique, tous les jeunes chômeurs et précaires doivent avoir accès à une aide financière, un accompagnement vers l’emploi et, si nécessaire, une formation qualifiante.