Un nouveau départ pour la LMDE, le régime étudiant comme pilier d’une politique de santé des jeunes

La crise économique et sociale que nous traversons n’épargne pas la jeunesse. Le financement des études est un investissement de plus en plus difficile à supporter pour les familles. Entre 2011 et 2014, le coût d’une année d’étude est passé de 43% à 48% du revenu médian . En l’absence d’un statut capable d’assurer la protection sociale et l’autonomie de la jeunesse, elle est particulièrement exposée à la précarité et aux inégalités sociales.

 Un temps de la vie synonyme de précarité sanitaire

 Chez les étudiants, qui représentent plus de la moitié d’une classe d’âge, les chiffres sont inquiétants et se dégradent depuis le début de la crise : 200 000 vivent sous le seuil de pauvreté et 50% exercent une activité salariée pendant leurs études. La précarité a des conséquences sur leur situation sanitaire, puisque la santé est l’un des premiers postes de dépense sacrifié par les étudiants. Là encore, les chiffres inquiètent : 20% des étudiants ne possèdent pas de complémentaire santé, 3 fois plus que l’ensemble de la population, et plus d’un tiers d’entre eux renonce à des soins.

 Le système de santé n’a jamais été pensé pour les jeunes

 Ces chiffres traduisent les insuffisances du système de santé. Il multiplie les barrières financières et administratives dans l’accès aux soins et ne répond pas aux besoins spécifiques des jeunes. Malgrè un constat largement partagé aucune réponse ambitieuse n’a étéapportée par le gouvernement. Un exemple résume cette défaillance : l’accès des étudiants à l’Aide à la Complémentaire Santé (ACS). A cause de la complexité du système, le taux de non – recours à ce droit est de 98% chez les étudiants. Comme seule réponse, le gouvernement a publié un décret qui élargit l’accès des étudiants à la CMU-C : elle concernera au mieux 1000 étudiants, sur les 650 000 étudiants boursiers et les 2 400 000 étudiants de l’enseignement supérieur.

Le régime étudiant de sécurité sociale fait partie de la solution

Dans notre système de santé, le régime étudiant de sécurité sociale est un des rares outils pensé pour les jeunes. Il permet d’accompagner les étudiants dans la complexité de la sécurité sociale et dans leur accès à l’autonomie sanitaire. Il garantit une expertise sur la situation sanitaire des étudiants et une action de prévention qui correspond à leurs besoins. Enfin, dans une période ou l’attachement des nouvelles générations à notre système de protection social universel est questionné, la gestion démocratique des mutuelles étudiantes est un atout pour impliquer les jeunes dans la solidarité nationale.

 Les mutuelles étudiantes victimes du plan d’économie du gouvernement

 Parce que le régime étudiant est un pilier de la politique de santé à destination des jeunes, les difficultés que rencontrent ses mutuelles gestionnaires doivent mobiliser les pouvoirs publics. Déjà fragilisées par un sous-financement chronique, les mutuelles étudiantes doivent maintenant affrontées une réduction de 15% de leurs remises de gestions dans le cadre du plan d’économie de la sécurité sociale. Cette baisse de subvention a déstabilisé la LMDE, particulièrement sensible à l’évolution des remises de gestion à cause de l’absence de fonds propres à sa création. Par son ampleur, la baisse du montant des remises de gestion a remis en cause un plan de réorganisation de la LMDE lancé en 2010, qui comprenait un adossement à la MGEN à partir de 2013 et qui commençait à améliorer la qualité de service à destination des étudiants . Parce qu’elle a suspendu l’adossement à la MGEN, la décision du gouvernement a également provoqué la mise sous administration provisoire de la LMDE.

 L’UNEF propose une sortie de crise

En juillet dernier, en réaction à la mise sous administration provisoire de la LMDE, le gouvernement a réaffirmé « son attachement au régime étudiant de sécurité sociale ». Prenant acte de cette position, et pour assurer l’avenir du régime étudiant, l’UNEF propose aux pouvoirs publics une réorganisation durable de la LMDE. Cette réorganisation doit assurer sa viabilité économique, améliorer sa qualité de service et renforcer la plus-value apportée par la gestion étudiante.

Retrouvez le dossier de presse de l’UNEF : UNEF dossier de presse- un nouveau départ pour la lmde