Augmentation des frais d’inscription à CentraleSupélec : les étudiants ne sont pas des vaches à lait !

 

Le 2 janvier 2015, les ministres de l’Education Nationale, l’Enseignement Supérieur et de la Recherche et de l’Economie ont signé un arrêté augmentant les frais d’inscription des nouveaux étudiants inscrits à l’école CentraleSupélec. L’augmentation est de plus de 1800 euros sur quatre ans : les frais d’inscription passent de 620 à 1850 euros à la rentrée 2015, ils atteindront 2200 euros à la rentrée 2016 et 2570 euros à la rentrée 2017.

Les étudiants n’ont pas à compenser le désengagement financier de l’Etat

Cette augmentation de frais d’inscription survient alors que le service public d’enseignement supérieur subi une baisse historique de son budget pour l’année 2015. Plusieurs établissements ont déjà choisi de faire les poches des étudiants pour compenser ce manque de moyens. En 2014, ce sont les écoles des Mines, Télécom et des Ponts et Chaussées qui ont augmenté leurs frais d’inscription de plus de 1000 euros.

Dans ce contexte de pression budgétaire, la fusion des écoles Centrale et Supélec en grand établissement, sous co-tutelle des ministères de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche de l’Economie, a donc conduit à un envol des frais d’inscription.

 Le choix de la sélection sociale

Des frais d’inscription aussi élevés pénaliseront les étudiants des classes moyennes : ceux dont le revenu des parents est trop élevé pour être boursiers, donc exonérés des frais d’inscriptions, mais qui n’ont pas les moyens de payer plus de 2500 euros uniquement pour leur inscription.

Faire reposer le financement des établissements publics sur les frais d’inscription est également une spirale dangereuse qui risque de bloquer définitivement l’ascenseur social. C’est le début d’un renforcement des inégalités entre établissements en fonction de la proportion de boursiers qu’ils accueillent. Comment inciter les écoles à accueillir des étudiants des catégories populaires, si cela implique une baisse de leurs ressources ?

Une augmentation des frais d’inscription sous tutelle du ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche : une première !

Jusqu’à présent, les augmentations de frais d’inscription étaient circonscrites aux quelques établissements hors tutelle du ministère de l’enseignement supérieur. C’est la première fois que Najat Vallaud-Belkacem et Geneviève Fioraso signent un tel décret. Un nouveau cap est donc franchi et menace les 185 établissements sous tutelle du ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche.

Le gouvernement doit renoncer à l’augmentation des frais d’inscription

Il est inacceptable que le gouvernement finance ses plans d’économie en faisant les poches des étudiants. L’UNEF exige un retrait de toutes les hausses de frais d’inscription survenues ces dernières années, à commencer par CentraleSupélec, les écoles des Mines et Télécom, ainsi que l’École Nationale des Ponts et Chaussées.