Nouvel arrêté doctoral : il faut démocratiser et non fermer les portes du doctorat !

Avec l’ouverture de négociations sur un nouvel arrêté doctoral, l’UNEF attend des mesures ambitieuses pour démocratiser le troisième cycle. Le doctorat reste encore un diplôme réservé à une élite : avec 4,6% d’enfants d’ouvriers pour 36% d’enfants de cadres. Le projet d’arrêté doctoral présenté par le ministère est pour l’instant loin de répondre à cet objectif. L’UNEF demande donc au gouvernement de revoir sa copie pour prendre en compte les revendications des doctorants.

Un accès restreint aux troisièmes cycles ?

L’UNEF s’oppose à la limitation de la durée de la thèse à trois ans prévue dans le projet d’arrêté. Une thèse dure en moyenne 4 ans et 2 mois. Cette durée peut s’expliquer tout d’abord par la volonté de certains laboratoire, faute de financements et de postes titulaires, de maintenir des jeunes chercheurs sous un statut précaire mais elle s’explique également par la faiblesse des moyens alloués à la contractualisation des doctorants : aujourd’hui 50% des doctorants de sciences humaines ne trouve pas de financement et le salariat alimentaire provoque un prolongement de la durée de la thèse et parfois son abandon.

Dans tous les cas, limiter la durée de la thèse par la réglementation ne peut être une solution : elle ne ferait qu’acter une sélection sociale plus forte à l’entrée du doctorat. Au contraire, l’objectif devrait être de lutter contre la précarité dans la recherche avec des emplois stables et des contrats protecteurs qui doivent assurer une recherche de qualité et indépendante.

Un encadrement du doctorant de qualité, une clef de la réussite :

Dans le projet d’arrêté, la définition plus claire du rôle du directeur de thèse en tant qu’appui pour les doctorants dans leurs travaux de recherche, ainsi que la mise en place d’un comité de suivi des doctorants sont des mesures qui vont dans le sens de la réussite des doctorants. Pourtant, la faiblesse de l’encadrement reste l’une des principales difficultés à laquelle sont confrontés les doctorants. L’UNEF milite pour que l’encadrement des jeunes chercheurs soit une priorité de la refonte de l’arrêté doctoral.

Enfin, l’arrêté pose des bases positives au niveau de l’interdisciplinarité nécessaire pour la prise de recul sur les travaux de recherche, mais également en incluant une formation à la recherche et enfin en proposant une formation à la pédagogie pour les doctorants chargés d’enseignement. Si ces points sont positifs, l’UNEF restera vigilante quant à la qualité et l’accès de ces modules de formations pour l’ensemble des doctorants sur le territoire.