Plan national de vie étudiante : des mesures utiles mais le gouvernement doit revoir ses ambitions à la hausse

 

Lundi 6 juillet 2015, la Ministre de l’Education nationale et de l’Enseignement Supérieur et le Secrétaire d’Etat à l’Enseignement supérieur et à la recherche se sont vus remettre le rapport présentant les conclusions des groupes de travail du Plan national de vie étudiante (PNVE). Il avait été annoncé par Najat Vallaud-Belkacem à l’occasion du 84ème congrès de l’UNEF à Nantes le 9 avril dernier.

L’UNEF condamne le cadre budgétaire contraint de ce PNVE, qui écarte pour l’instant tout nouvel investissement dans le système de bourse, mais salue tout de même certaines propositions du rapport qui seront utiles pour lutter conte la précarité et que le gouvernement doit rapidement mettre en place.

L’UNEF se félicite également de l’annonce du gel des frais d’inscription qu’elle avait réclamé et qui évite d’augmenter davantage le coût de la vie des étudiants à la rentrée.

 

Le PNVE doit répondre à la précarité croissante des étudiants

Alors que les étudiants, même boursiers, ont perdu en pouvoir d’achat depuis le début du mandat de François Hollande, la rentrée prochaine s’annonce comme la plus difficile depuis longtemps. Sans nouvel investissement dans le système de bourse, et face à l’aggravation de la crise sociale, les étudiants vivront moins bien à la rentrée 2015.

Le PNVE ne doit pas être un plan à zéro euros. Il ne serait pas acceptable que les étudiants payent les conséquences de l’austérité. Un nouvel investissement dans le système de bourse doit permettre de :

–          Faire entrer 100 000 boursiers supplémentaires dans le système afin que tous les étudiants dont les parents ont un revenu inférieur au revenu médian soient boursiers.

–          Revaloriser les bourses d’au moins 2,5%, correspondant à l’augmentation nécessaire pour rattraper la perte de pouvoir d’achat des étudiants depuis le début du quinquennat.

–          Donner au service public de la vie étudiante des CROUS les moyens de remplir ses missions en en faisant l’opérateur prioritaire en termes de politiques de vie étudiante au sein des établissements et regroupements universitaires, accompagné d’un investissement budgétaire dans le réseau des œuvres et d’un plan pluriannuel de recrutement de travailleurs sociaux.

 

Les propositions des groupes de travail doivent être mises en place

Les conclusions des groupes de travail remises aujourd’hui à la Ministre et au Secrétaire d’Etat reprennent des revendications portées par l’UNEF. Le syndicat étudiant sera donc particulièrement exigeant à la reprise et à l’application de ces mesures :

–          Garantir l’accès aux aides sociales aux ayant-droits : Faire du Portail de la Vie Etudiante géré par les CROUS le guichet unique des aides sociales, rendre systématique la demande de bourse des étudiants primo-entrants dans l’enseignement supérieur via le rapprochement entre APB et le DSE.

–          Faciliter l’accès au logement : Le groupe de travail préconise réflexion sur le ticket modérateur du dispositif CLE : représentant 1,5% du loyer par mois, il doit être supprimé. Des critères sociaux doivent être mis en place pour l’ensemble des logements étudiants, y compris ceux qui ne sont pas gérés par le CROUS.

–          Garantir l’accès aux soins : La généralisation des chèques santé existant déjà dans certaines régions doit permettre d’universaliser l’accès à une complémentaire santé. La création des centres de santé universitaires doit se faire avec une garantie financière assurant leur pérennité.

–          Faciliter les démarches des étudiants étrangers : Mettre en place un titre de séjour pluriannuel pour tous les cycles d’études, généraliser les guichets uniques, faciliter le changement de statut d’étudiant à salarié, donner aux universités la prérogative pédagogique concernant la délivrance des titres de séjour.