RENTREE 2015 : ENQUETE SUR LE COUT DE LA VIE ETUDIANTE

Pour la rentrée 2015, le coût de la vie étudiante augmentera de +1,1%, un chiffre cinq fois supérieur à celui de l’inflation. Pour que cette hausse du coût de la vie étudiante ne se traduise pas par un renforcement de la sélection sociale dans l’accès à l’enseignement supérieur, l’UNEF demande au gouvernement de réagir dès la rentrée. Il ne serait pas acceptable que la rentrée 2015 soit la première du quinquennat sans aucune mesure pour soutenir le pouvoir d’achat étudiant. Le syndicat étudiant revendique un plan d’action social qui concerne l’ensemble de la vie étudiante et comporte un investissement dans le système de bourses.
Le coût des études en région parisienne se stabilise en restant de loin le plus élevé
Principalement à cause du prix des loyers, 795 euros par mois pour un studio, c’est à Paris que le coût des études est le plus important. Mais contrairement aux années précédentes, cette hausse est contenue par l’application de la loi ALUR. L’encadrement des loyers permet une stagnation du prix des petites surfaces louées par les étudiants. La réglementation des frais d’agence, mise en place l’année dernière mais après la rentrée universitaire ce qui a empêché les étudiants d’en bénéficier jusqu’à présent, permettra également de faire économiser en moyenne 495€ à un étudiant qui emménage.
Les transports en commun représentent le deuxième poste de dépense d’un étudiant en région parisienne. Le passage de l’abonnement étudiant (Imagine R) à un tarif unique permettra de faire économiser 128 euros par an à un étudiant qui souscrivait un abonnement pour les zones 1 à 3 afin de se déplacer entre Paris et la banlieue.
Dans le reste de la France, le coût de la vie progresse fortement
Alors que le logement représente la moitié de leur budget, les étudiants qui habitent hors Ile-de-France payent le refus du gouvernement d’encadrer les loyers dans les principales villes universitaires. L’augmentation moyenne des loyers est de 0,3% avec des hausses significatives : +6,6% au Havre, +2,6% à Nancy, +2,4% à Tours, +1,8% à Strasbourg ou encore +1,4% à Toulouse.
Le prix des transports augmente également de 2,6%. Le prix moyen hors Ile-de-France est de 246 euros par an avec des écarts importants : de 100 euros à Toulouse jusqu’à 335 à Brest (un abonnement plus cher qu’en Ile-de-France !) Les plus fortes hausses sont Nantes (+6,8%), Strasbourg (+4,3%) et Bordeaux (+4,3%). Lille a également supprimé sont tarif à destination des étudiants boursiers ce qui augmente le prix de leur abonnement de 18%

 

La hausse des tarifs réglementés frappe tous les étudiants
Malgré le gel des frais d’inscription, l’ensemble des frais obligatoires restent en hausse : +0,9% pour la sécurité sociale étudiante (ce qui amène le coût total d’une inscription en master à 476,10 euros) et +1,6% pour la restauration universitaire. Pour les 2/3 d’étudiants qui ont leur propre logement, l’augmentation des tarifs EDF (+7% après deux augmentations en un an) alourdira leurs charges locatives qui représentent une part importante de leur budget.
Les étudiants sont de plus en plus précaires
La hausse du coût de la vie étudiante de +1,1% à la rentrée se cumule avec les années précédentes et atteint +8,4% depuis le début du quinquennat. Avec une moyenne de plus de 800 euros par mois pour un étudiant qui a son propre logement, le coût des études représente 48% du revenu médian. Parce qu’ils peuvent difficilement compter sur leur famille pour financer leurs études, 50% des étudiants sont contraints d’exercer une activité salariée au cours de l’année universitaire. Cette activité se fait au détriment de leur réussite : le salariat diminue en moyenne de 11h par semaine le temps que les étudiants peuvent consacrer à leurs cours où leurs révisions.
Rentrée 2015 : la première sans investissement dans le système de bourses ?
L’augmentation du coût de la vie étudiante est d’autant plus problématique que le gouvernement n’a pour l’instant prévu aucune mesure sociale pour la rentrée. Après la réforme du système d’aide sociale du début du quinquennat, il reste pourtant beaucoup à faire : seulement 1/4 des étudiants sont boursiers alors que 1/3 d’entre eux ne bénéficie d’aucune aide financière de leurs parents.
Pour que la rentrée 2015 ne se traduise pas par une hausse de la précarité étudiante, le nouveau secrétaire d’Etat à l’enseignement supérieur, Thierry Mandon, doit faire de la vie étudiante une de ses priorités. L’UNEF revendique un plan d’action social qui comporte :
• un élargissement du système d’aide sociale pour donner accès aux bourses aux 150 000 étudiants dont le revenu des parents est inférieur au revenu médian mais qui n’ont droit à aucune aide
• une revalorisation des bourses de 5% pour compenser la perte de pouvoir d’achat des étudiants boursiers depuis le début du quinquennat
• un doublement (de 8 000 à 16 000) des aides d’urgence à destination des étudiants autonomes de leurs parents
• un investissement dans le service public des CROUS pour lui permettre de remplir ses objectifs de construction de logements étudiants et garantir une restauration universitaire à tarif social
• l’élargissement de l’encadrement des loyers aux principales villes universitaires
• la généralisation d’un demi-tarif étudiant dans les transports en commun

 

 *Les données concernant les loyers proviennent de notre partenaire Locservice. 

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dp ps