Coût de la vie étudiante selon les villes universitaires

Le coût des études varie du simple au double selon les villes

 

Comme annoncé dans l’enquête de l’UNEF publiée le vendredi 14 août, le coût de la vie augmentera de 1,1% à la rentrée 2015 : c’est cinq fois plus que l’inflation pour le reste de la population. Alors que le gouvernement ne pré­voit qu’une revalorisation de 0,2% des bourses étudiantes, cette perte de pouvoir d’achat ne sera pas sans consé­quences. Les familles auront plus de difficultés à aider leurs enfants et les étudiants seront davantage contraints d’exercer une activité salariée pendant l’année universitaire

 

Soutien des collectivités territoriales à la vie étudiante : une inégalité très forte

Cette augmentation du coût de la vie est variable en fonction des villes universitaires. Sans surprise, le niveau des loyers est le facteur le plus influent sur le coût des études : variant de 795 euros à Paris à 332 euros à Brest, l’impact territorial en la matière est très important pour le pouvoir d’achat.

Un autre facteur détermine la variation du coût de la vie en fonction des villes universitaires : les politiques des col­lectivités territoriales à destination des étudiants. Qu’il s’agisse des coûts des transports (de 8,33 euros par mois à Toulouse à 31,70 euros à Rennes) ou encore d’aides dé­veloppées pour les étudiants (à l’instar des chèques santé développés par plusieurs régions pour permettre l’accès à une complémentaire santé), les collectivités territoriales interviennent sur plusieurs thématiques de la vie étudiante.

Sur ce sujet, les inégalités selon les territoires sont im­portantes. Les tarifs pratiqués dans les transports aug­mentent de 2,6% en moyenne (+18% à Lille pour les boursiers), les loyers également (+1,8% à Strasbourg)… Là où davantage de moyens sont mis pour les étudiants (à Paris, la municipalité a mis en place l’encadrement des loyers et les tarifs pour les transports baissent), le coût de la vie diminue au contraire pour les étudiants.

 

Baisse des subventions aux collectivités : un risque d’augmentation du coût de la vie

L’Etat porte une responsabilité dans cet affaiblissement de la capacité des collectivités à permettre à tous de faire des études. L’absence de politique universelle en terme d’aides sociales (seul un quart des étudiants est boursier) crée des inégalités que villes et régions ne peuvent que difficilement compenser. De plus, la baisse drastique des subventions aux collectivités territoriales vient saper les capacités des collectivités à investir davantage pour les jeunes, d’où certaines augmentations dans les transports.

La décision de fusionner les régions remet également en cause certains dispositifs développés par celles-ci. En cas de fusion entre une région proposant une aide et une autre ne la proposant pas, le risque est grand pour les étudiants de voir tout simplement l’aide disparaitre. Dans le cas de la future grande région Champagne-Ardenne/ Lorraine/Alsace, les deux premières versaient un chèque santé de 75 ou 80 euros par an à tous les étudiants boursiers, la dernière ne mettait en place aucun disposi­tif. Quel sera l’avenir du chèque santé sur ce territoire.

 

Des mesures doivent être prises pour garantir l’égali­té sur tout le territoire

A travers ce classement, l’UNEF fait ressortir l’im­pact territorial pour le coût des études des 20 principales villes universitaires de France. Il per­met de faire ressortir de fortes inégalités en fonc­tion de la ville, ainsi que les bonnes pratiques per­mettant de réduire le coût de la vie étudiante développées par les collectivités territoriales.

Alors que les prochains mois verront l’élaboration du budget 2016 et donc les budgets alloués aux collectivités territoriales, ainsi que les élections régionales au mois de décembre, l’UNEF revendique un engagement du gouvernement et des candidats aux élections locales pour une égalité des étudiants sur tout le territoire :

– Une revalorisation des bourses de 5% pour compenser la perte de pouvoir d’achat des boursiers depuis le début du quinquennat

– 150 000 nouveaux boursiers pour que tous les étudiants dont les parents ont un salaire inférieur au salaire médian soient couverts par le système

– L’application de l’encadrement des loyers dans toutes les villes universitaires

– La généralisation d’un demi-tarif étudiant dans les transports

– La création d’un chèque santé national pour l’accès de tous à une complémentaire santé, et leur extension dans le cadre des fusions des régions dans le court terme

– La généralisation de l’encadrement des loyers dans les agglomérations universitaires

 

 *Les données concernant les loyers proviennent de notre partenaire Locservice.

 

 

Télécharger ici le dossier de presse de l’UNEF