L’UNEF appelle les jeunes à se mobiliser en solidarité aux migrants

#AsileUnDroit

Les catastrophes humanitaires du début d’année qui avaient entrainées la mort de milliers de migrants en mer méditerranée, n’ont malheureusement pas suffit à faire prendre conscience aux gouvernements européens leurs responsabilités face à cette situation. Le désengagement financier de l’Europe dans les opérations de sauvetage comme Mare Nostrum n’a toujours pas été compensé, contribuant ainsi à l’augmentation du nombre de morts.

Malgré l’ampleur des tragédies successives, les états européens ne semblent toujours pas prêts à remettre en cause leur orientation sur les politiques d’immigration. En France, l’ensemble des discours et des politiques migratoires mises en place par le gouvernement sont axées sur la répression et la surveillance des frontières, comme la coopération bilatérale avec le Royaume-Uni signée cet été dans le but de contrôler d’avantage le passage sous le tunnel de la manche. La pression permanente de l’extrême droite sur le sujet semble tétaniser le gouvernement, l’immobilisme et le refus d’assumer un clivage fort avec le camp réactionnaire a pour conséquence de valider dans une partie de l’opinion publique, l’idée selon laquelle l’afflux de migrants serait un danger pour notre pays.

Plutôt que de céder au discours de haine du Front National, nous exigeons des positions fortes en faveur de l’accueil des réfugiés de la part du gouvernement pour que les droits humains les plus élémentaires soient respectés. Alors que la France a engagée des moyens considérables pour faire la guerre en Lybie ou au Mali au nom de la liberté, elle doit aussi assumer les conséquences de ces conflits, c’est-à-dire accueillir ceux qui n’ont plus le choix que de fuir ces zones où ils risquent quotidiennement la mort. Secourir des populations ne se fait donc pas qu’avec des interventions militaires, bien au contraire, ce qu’il faut aujourd’hui c’est avant tout une politique d’accueil ambitieuse.

La prise de conscience collective de la gravité de la situation humanitaire, suite à la publication de photos choquantes dans les médias aura tout de même permis un retour à la réalité de certains dirigeants politiques. Il aura fallu des centaines de drames humains pour que les gouvernements européens ne proposent un début de politique d’accueil commune (proposée par l’Allemagne) à travers des quotas de migrants. Ces quotas censés désengorger les centres d’accueil ne constituent pourtant en rien une réponse à l’ampleur de la crise, plutôt que de trier et répartir les migrants entre chaque pays, des mesures d’urgence doivent être prises par la France et l’Union Européenne :

–          Le budget alloué aux opérations de sauvetage en mer doit être considérablement augmenté, l’Europe en a largement les moyens ! L’opération doit être d’ampleur suffisante pour que plus aucune personne ne trouve la mort en essayant de joindre le continent.

–          Des centres d’accueil des réfugiés doivent être ouverts dans tous les pays et adaptés aux besoins des populations arrivantes, notamment les enfants, avec un accès aux soins, des hébergements salubres et un accompagnement dans les procédures de régularisation.

–          La liberté de circulation doit être respectée, les quotas ne peuvent servir à déplacer les populations d’un centre à un autre contre leur gré et ces mêmes centres ne peuvent être transformés en centre de détention.

–          Le droit d’asile des réfugiés doit être respecté, les procédures de régularisations des migrants doivent être accélérées et leur nombre augmenté, la plupart des situations répondants aux critères fixés par celui-ci.