Fusion de Paris 4 et Paris 6 : une course au gigantisme au détriment de la réussite des étudiants

Ce mardi 15 septembre les présidents des universités Paris 4 – Paris Sorbonne et Paris 6 – UPMC ont annoncé l’entrée des deux établissements dans un processus de fusion. Le calendrier et les grandes lignes du projet y ont été détaillés.

 

Un projet grandiloquent qui risque de tourner à l’usine à gaz !

 

L’UNEF refuse de voir émerger un mastodonte universitaire, qui aurait à gérer plus de 55 000 étudiants, et dont les conséquences sont connues :
–          Absence de réelle démocratie : les conseils centraux ne sauraient être représentatifs d’un nombre d’étudiants et de personnels aussi important.
–          Déconnexion des décisions prises dans les hautes instances de l’université trop éloignées de la réalité du terrain.
Les difficultés rencontrées lors des précédentes fusions d’établissements (la Nouvelle Université de Bordeaux, Aix-Marseille Université, l’Université de Lorraine, etc.) attestent ces inquiétudes.

 

 
Et la réussite des étudiants ?

 
L’unique objectif de cette fusion est de grimper dans les classements internationaux, pourtant contestés au sein de la communauté universitaire, et ignorés des étudiants. Ceux-ci se préoccupent en effet davantage de leurs conditions d’étude, de leur réussite et de la qualité de leurs diplômes. Or la réussite étudiante serait fortement remise en cause par une fusion des deux universités.
En effet, lorsque la volonté affichée est de mettre en place un pôle d’excellence, les financements ne sont pas redirigés vers les premiers cycles qui nécessitent le plus de moyens, mais vers les laboratoires et les seconds cycles considérés comme « plus prestigieux ». Paris-Saclay en a fait la démonstration l’an dernier. Après l’obtention de son IdeX, l’université avait en effet fait le choix de fermer des TD en licence 1 de biologie.
Ainsi, une fusion entre l’université de Paris – UPMC, déjà reléguée par le ministère à la 70e place sur 77e en terme de réussite étudiante, et l’université Paris Sorbonne, risquerait pour les étudiants de dégrader leurs conditions d’étude et d’augmenter leur risque d’échec dans les premières années.

Les étudiants ne sont pas une quantité négligeable, mais devraient être au cœur de tout projet d’établissement !

 

Un projet imposé sans discussion préalable

 

L’annonce de la fusion des deux universités a été accompagnée d’un calendrier précis de sa mise en place, présentée comme inévitable, alors même qu’aucun débat n’a eu lieu dans les instances démocratiques des établissements. Il est inconcevable pour l’UNEF que le projet puisse être engagé alors même que les élections dans les instances décisionnelles des universités auront lieu en février prochain. On ne peut faire l’impasse d’un débat au sein des établissements portant sur la pertinence et la justesse de la fusion.

Ainsi, l’UNEF demande le retrait immédiat de la fusion, et de tout projet qui s’inscrirait dans une course au gigantisme, au détriment de la proximité et de la réussite étudiante.