60% d’une classe d’âge diplômée du supérieur ? Un investissement budgétaire est urgent pour que l’objectif soit crédible.

Le Président de la République a annoncé aujourd’hui qu’il partageait l’objectif fixé par la stratégie Nationale de l’Enseignement Supérieur (StraNES) de porter à 60% la part d’une génération diplômée de l’enseignement supérieur (42% actuellement).

L’UNEF se félicite de cet objectif ambitieux qui répond à des impératifs sociaux et économiques. L’ascenseur social et l’économie ne pourront être relancés qu’à travers une augmentation du niveau de qualification des jeunes.

L’UNEF s’inquiète, en revanche, du décalage entre cette annonce et la réalité de l’enseignement supérieur. Pour cette rentrée, les universités accueillent 65 000 étudiants supplémentaires alors que leur budget a diminué de 100 millions d’euros au nom des économies budgétaires. Dans ces conditions, pour les étudiants, la rentrée est synonyme de difficultés d’inscription à cause du manque de place et de salles de cours surchargées. Si rien n’est fait, l’échec universitaire ne pourra que se renforcer et l’objectif de 60% restera un voeu pieux.

L’UNEF met donc en garde le President de la République sur le décalage entre ses annonces et le quotidien des étudiants.

L’UNEF réclame un investissement budgétaire dans les universités d’au moins 300 millions d’euros pour l’année 2016 afin de les sortir de la pénurie. Ces moyens devront également être fléchés vers les premières années universitaires, là où se joue la réussite des étudiants. La Cour des comptes vient de rappeler que, sans ce fléchage, les formations n’étaient pas la priorité des établissements autonomes.