Des milliers de jeunes interdits de s’inscrire en STAPS : le statu quo n’est plus acceptable !

Communiqué de presse commun de l’UNEF et du SNEP-FSU

 

La rentrée 2015 a été marquée par de grandes difficultés pour les jeunes bacheliers à s’inscrire dans la filière de leur choix. Concentrant à elle seule 10,7% des candidatures sur APB cette année, la filière de STAPS (Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives) est particulièrement touchée.

Dans ce contexte alarmant, l’UNEF et le SNEP-FSU exigent des réponses de la part du gouvernement : il ne serait pas acceptable de laisser la situation se dégrader, et de risquer une rentrée 2016 désastreuse.

 
STAPS, une filière particulièrement sous tension
Le nombre d’étudiants en STAPS est en constante augmentation, et a notamment été multiplié par deux depuis 2007. Pourtant, ni les établissements ni le gouvernement n’ont réagi pour répondre à cette évolution. En 2014, ce sont près de 65% des UFR de France qui affichent des capacités d’accueil restreintes1. Cette situation s’aggrave encore cette année : des établissements déjà sous tension diminuent encore le nombre de place disponible ; de nouvelles universités telles que Brest ou Reims décident de réduire l’accès à la filière de STAPS, alors qu’elles étaient encore ouvertes l’année dernière ; à l’université de Paris 12, l’UFR doit faire face à  une demande de 456 vœux 1 du secteur pour une capacité d’accueil des néo-entrants de 265.
Etudier en STAPS, un droit qui se joue désormais à pile ou face
Dans une majorité d’établissements, la solution adoptée par l’université est de tirer au sort les étudiants. Ce sont donc des milliers de jeunes dont l’orientation, la future profession, et donc la vie ont été décidées… au hasard ! Il s’agit là d’une grave remise en cause de l’accès de tous les bacheliers à la filière de leur choix, et d’une source d’échec pour ceux qui sont orientés vers des filières qui ne leur correspondent pas. Le gouvernement ne peut pas fermer les yeux sur une telle situation, incompatible avec toute volonté de démocratisation de l’enseignement supérieur.
Des difficultés qui sont la conséquence de la pénurie budgétaire
L’impossibilité pour des bacheliers de s’inscrire en STAPS est l’une des conséquences les plus inquiétantes du manque de moyens des établissements. En effet, la mise en place de ces capacités d’accueil est liée à des infrastructures qui ne sont pas suffisantes pour l’ensemble de ces jeunes, mais également d’un manque de postes pour en assurer l’accueil et l’encadrement.
« Plus jamais ça ! »
Le gouvernement, comme les établissements, doivent cesser de faire la politique de l’autruche, admettre qu’un statut quo ne ferait qu’aggraver le problème de ces jeunes bacheliers, et prendre enfin leurs responsabilités. Une rentrée 2016 dans des conditions similaires serait inacceptable.
L’UNEF et le SNEP-FSU alertent donc le gouvernement, et l’interpellent désormais quant aux mesures viables dès la rentrée prochaine qu’il proposerait pour la filière de STAPS.
Alors que le débat sur le projet de loi de finance 2016 va s’ouvrir à l’assemblée dans les prochains jours, l’UNEF et le SNEP-FSU exigent :
-Un investissement financier fléché vers la construction et réhabilitation d’infrastructures sportives dans les universités.
-Une création immédiate de postes fléchés vers les filières de STAPS.
-La fin de toute procédure de tirage au sort et l’accès de droit pour chaque bachelier aux filières de STAPS.

1 Source : Enquête Effectifs 2014-2015, C3D (Conférence des Directeurs et Doyens STAPS)