Vote du budget du CNOUS : l’UNEF conteste l’austérité imposée à la vie étudiante

Bien loin de l’objectif fixé par François Hollande d’atteindre 60% d’une classe d’âge diplômée, le budget des CROUS proposé par le gouvernement acte un affaiblissement du réseau des œuvres et l’absence de tout investissement dans le système de bourse. Le budget a été adopté à une courte majorité (14 pour et 13 contre 1 abstention) et sans aucune voix des étudiants et personnels.

Les élus UNEF ont fait adopter par le Conseil d’Administration du CNOUS une motion des élus étudiants et des syndicats professionnels (avec 16 voix pour et 12 voix de l’administration n’ayant pas pris part au vote) qui interpelle le gouvernement sur la situation critique du budget du réseau des œuvres pour l’année à venir.

 
Des coupes budgétaires sur le fonctionnement du réseau des œuvres : les aides indirectes en péril

Le budget de fonctionnement du réseau, en baisse de 8 millions d’euros, impacte en premier lieu les aides indirectes (logement et restauration) ainsi que le fonctionnement des services à destination de la santé de la culture et du sport. Elle ouvre la perspective d’une augmentation des tarifs et des loyers à destination des étudiants, une diminution de la qualité des services et une mise sous pression des personnels, pénalisant une fois de plus le pouvoir d’achat des étudiants, leur qualité de vie et augmentant les risques sanitaires et sociaux

Cette baisse oblige le CNOUS a ponctionné 7 millions d’euros dans son fond de roulement et le prive donc de marges de manœuvres en cas de nouvel investissement ou demande d’aide exceptionnelle d’un CROUS.
Derrière les débats techniques et comptables, se cache en vérité des conséquences lourdes et inacceptables pour l’avenir du réseau des œuvres.

 
L’investissement dans la vie étudiante face à l’austérité

Les capacités d’investissement sont aussi largement remises en cause. Privées de 25 millions d’euros, les CROUS et le CNOUS devront mobiliser leur trésorerie afin de maintenir tous les projets en cours. La division par deux des enveloppes budgétaires des CPER vient s’ajouter à cette baisse, laissant planer le doute de l’aboutissement du plan 40 000 ou encore la rénovation de cité universitaire, la création de nouvelles infrastructures ou tout type de projet de vie étudiante.

Si les objectifs de 60% d’une classe d’âge diplômée sont les bons, les étudiants et l’UNEF déplore un budget qui va contre l’intérêt des étudiants les enfonçant toujours plus dans la précarité. Face à cela, l’UNEF revendique :

– Un budget suffisant pour couvrir les besoins croissants des étudiants et faire face aux nouvelles dépenses des CROUS.
– Un nouvel investissement dans les bourses assurant : 100 000 boursiers supplémentaires, une hausse de 20% des bourses et le doublement de l’enveloppe budgétaire du FNAU
– Un plan pluriannuel de financement des CROUS et du CNOUS, leur permettant de faire face aux nouvelles dépenses de fonctionnement et d’investissement engagées dans le cadre de l’amélioration des conditions de vie et d’étude de l’ensemble des étudiants.