Voeux à la jeunesse : François Hollande à côté de la plaque

Lundi 11 janvier, à l’occasion de ses voeux à la jeunesse, le Président de la République a été en complet décalage avec les attentes des jeunes de ce pays. Passant à la trappe les questions d’accès à l’éducation, à l’emploi et au logement ou encore la lutte contre les discriminations, il a concentré son intervention autour du développement du service civique, au risque de le dénaturer.

Le service civique n’est pas une politique de jeunesse

Si le service civique est un outil important, plébiscité par les associations, pour faciliter l’engagement des jeunes, il ne peut résumer une politique de jeunesse ! En annonçant son élargissement aux entreprises publiques et aux collectivités territoriales avec un objectif de 320 000 jeunes concernés en 2018, le président de la République prend le risque de dénaturer ce dispositif pour en faire des emplois précaires.

L’UNEF rappelle que le sujet de l’engagement des jeunes, aussi important soit-il, ne peut être un cache-misère pour passer à la trappe les préoccupations des jeunes et les difficultés qu’ils rencontrent pour s’insérer dans la société.

La cohésion nationale ne se construit pas dans les casernes

Le Président de la République a également annoncé une réflexion sur l’allongement à une semaine de la journée défense et citoyenneté. Une mesure contre-productive qui traduirait la défiance de la société envers les jeunes.

Il serait paradoxal de dégager des moyens humains et financiers conséquents pour une semaine de « rééducation républicaine » imposée aux jeunes à leur majorité alors même que le service public n’est pas en capacité de leur assurer une place dans l’enseignement supérieur à cause de l’austérité. Sans compter les problèmes évidents que posera ce dispositif pour les jeunes qui travaillent pendant les vacances scolaires pour le financement de leurs études.

L’UNEF rappelle que c’est à l’école d’assurer ce rôle de transmission des valeurs républicaines et que l’exemplarité est le meilleur moyen d’y parvenir. Il serait donc temps que le Président de la République agisse sur le terrain de la réduction des inégalités et de la prise d’autonomie des jeunes.