Emploi : le mauvais plan de François Hollande

A l’occasion de ses vœux aux « acteurs de l’entreprise et de l’emploi», François Hollande a annoncé plusieurs mesures pour tenter d’inverser la courbe du chômage avant la fin du quinquennat. Le Président de la République a déroulé une liste de course qui reprend de vielles recettes libérales dont les principales conséquences seront de précariser davantage les jeunes sur le marché du travail et dont le coût budgétaire va indirectement renforcer l’austérité dans les services publics.

L’UNEF exige que le Président de la République renonce à ces mesures contre-productives. Après des vœux à la « jeunesse et aux forces de l’engagement » le service civique a été présenté comme l’alpha et l’omega de la politique de jeunesse, détournant le dispositif de son objectif initial pour en faire une forme d’emploi précaire, il est d’autant plus urgent de changer de cap.

 

Plafonnement des indemnités prud’homales : un droit au licenciement abusif

Cette mesure, que le gouvernement avait déjà tenté d’imposer dans la loi Macron, changera la logique du marché du travail. La faiblesse des plafonds d’indemnités, leur montant prévisible et la dissuasion que représente le coût d’une démarche aux prud’hommes pour un salarié vont créer un droit au licenciement abusif pour les employeurs. Parce que les plafonds seront fixés en fonction de l’ancienneté des salariés, les jeunes seront également les premiers à en subir les conséquences et à être considérés comme une main d’œuvre jetable.

 

Une attaque en règle contre les 35h

En élargissant les dérogations au code du travail par les accords d’entreprise, le Président de la République remet en cause, de fait, la durée légale du temps de travail. Ces accords pourront s’imposer à un salarié et modifier son contrat de travail. Les salariés risquent un chantage à l’emploi pour accepter une augmentation de leur temps de travail sans compensation.

 

De la prime à l’emploi à la prime à la précarité

En annonçant une prime de 2000 euros pour les nouvelles embauches, François Hollande reprend une idée particulièrement originale… que le gouvernement Barre a été le premier à expérimenter dans les années 70 ! Concentré sur le bas salaire (entre 1 et 1,3 Smic) et comprenant également les embauches en CDD, cette mesure risque d’être un appel d’air pour les contrats précaires et mal rémunérés.

 

Former les chômeurs, oui, mais aussi les jeunes avant leur arrivée sur le marché du travail !

En dehors de ses conséquences artificielles sur les statistiques du chômage, le financement d’un milliard d’euros pour le plan de formation de 500 000 chômeurs laisse sceptique. Le financement du service public éducatif, pour éviter le décrochage scolaire et permettre aux jeunes des catégories populaires d’accéder à l’enseignement supérieur, devrait également être une priorité. Malheureusement, les nouvelles coupes budgétaires dans les services publics qu’imposent les annonces de François Hollande risquent surtout d’augmenter le nombre de jeunes qui se retrouve à la porte des universités ou des formations professionnelles faute de places.

 

Il est urgent de mettre en place une véritable politique d’emploi pour les jeunes

Avec l’ensemble de ces annonces, le Président de la République est à des années lumières des engagements qu’il avait pris auprès des jeunes pendant sa campagne électorale. L’UNEF rappelle le refus des jeunes de subir un déclassement pour obtenir du travail. C’est une politique d’emploi qui permettra aux jeunes d’accéder au droit commun, un emploi stable rémunéré à hauteur de leurs qualifications, qui permettra au pays de sortir de la crise. Il est urgent de remettre sur la table :

-Le développement de la garantie jeune, pour assurer à tous les jeunes une aide financière et un accompagnement vers l’emploi

-La reconnaissance des qualifications dans les conventions collectives des entreprises

-La taxation des emplois précaires et le soutien aux embauches en CDI