Les frais d’inscription des écoles s’envolent une fois de plus

Une menace pour le service public de l’enseignement supérieur

Le 8 décembre 2015,  le gouvernement signait un arrêté augmentant les frais d’inscription de  Telecom – Ecole de management de 800€ par rapport à janvier 2014, eux-mêmes en augmentation de 500€ par rapport à 2012, les portant ainsi à un montant de 5800€.

Les étudiants paient au prix fort le désengagement de l’Etat

Ces augmentations de frais d’inscription interviennent alors que les établissements connaissent des baisses importantes de leur dotation. La pénurie budgétaire imposée par le gouvernement les amène à chercher des financements supplémentaires notamment dans la poche des étudiants en augmentant les frais d’inscription.

Un engrenage dans lequel sont engagées de nombreuses écoles

Telecom – Ecole de Management n’est pas la seule école dont les frais d’inscription bondissent en quelques années :

– Dans les neuf écoles de l’IMT (Albi, Alès, Douai, Nantes, ParisTech, Saint-Étienne), les frais d’inscription augmentent en 2015 de 1000€ pour les étudiants européens et de 3000€ pour les étudiants venant d’un pays hors Union Européenne.

– A Centrale-Supélec, les frais d’inscription sont passés de 620€ à 1850€ à la rentrée 2015, ils atteindront 2200€ à la rentrée 2016 et 2570€ à la rentrée 2017.

– L’IEP de Paris connaît des hausses successives depuis 10 ans, y compris pour la rentrée 2016 (+1%)

– Les diplômes de l’enseignement supérieur agricole ont également augmenté de 30€ en moyenne pour la rentrée 2016.

– L’Ecole Nationale des Pont et Chaussées a augmenté ses frais d’inscription de plus de 1000€ en 2014

Du cas particulier, nous sommes passés à un processus général dont personne ne peut nier l’ampleur.

Le choix du gouvernement est celui de la sélection sociale

L’UNEF rappelle que c’est au gouvernement que reviennent ces décisions, puisqu’il assure le rôle de régulateur au niveau national en fixant lui-même ces frais d’inscription par décret. Ces choix sont conscients et ne seront pas sans conséquence.

En effet, cette hausse vient mettre une barrière financière supplémentaire à l’entrée d’écoles déjà extrêmement élitistes. Par exemple, comment un jeune non boursier issu des classes moyennes peut-il débourser près de 6000€ pour sa seule inscription ?

Autre effet pervers de la hausse des frais dans les écoles : les inégalités entre établissements se renforcent en fonction du taux de boursiers qu’elles accueillent. Admettre des jeunes issus des classes populaires signifiera pour elles une baisse de leurs ressources, et elles auront donc tendance à pratiquer davantage de sélection sociale.

C’est donc l’ascenseur social que représente le service public de l’enseignement supérieur qui est remis en cause.

L’UNEF appelle donc le gouvernement à changer radicalement sa politique pour l’enseignement supérieur et à revenir sur l’ensemble de ces hausses d’inscription.

 

Encadrer et réguler le financement et le fonctionnement des écoles de l’enseignement supérieur devient urgent

L’enseignement supérieur traverse une crise importante, que les pouvoirs publics doivent regarder en face en prenant leurs responsabilités. Alors que l’augmentation du nombre d’étudiants repose exclusivement sur des universités sans moyens financiers supplémentaires, les Grandes Ecoles Publiques entament un processus d’augmentation de leurs frais d’inscription tout en se mettant en concurrence directe avec les universités renforçant ainsi l’idée d’un système d’enseignement supérieur à deux vitesses.

Les jeunes sont pris en étau, condamnés à voir leurs conditions d’étude se dégrader ou s’endetter pour payer leur inscription.

Cette dichotomie de l’enseignement supérieur ne peut rester en l’état. L’UNEF appelle en premier lieu le gouvernement à réguler le fonctionnement des écoles publiques, ainsi que leur mode de financement.