Déclaration de Thierry Mandon sur la sélection en master : l’UNEF rappelle son refus du statu quo et l’exigence d’une réforme ambitieuse

Mercredi 10 février, le Conseil d’Etat a rendu un avis sur les pratiques de sélection des universités en master. L’avis en question confirme l’illégalité des pratiques actuelles et la nécessité pour le gouvernement de publier un nouveau décret définissant un cadre légal pour la sélection. Le Secrétaire d’Etat à l’Enseignement Supérieur, Thierry Mandon, a depuis donné quelques pistes sur le contenu de ce décret dans une interview à EducPros[1].

L’UNEF tient d’abord à se féliciter que le Secrétaire d’Etat refuse de déplacer la sélection à l’entrée du master 1. Une clarification de la réglementation sur ce point est importante, elle permettrait de faire disparaitre des pratiques à l’entrée du master 1 qui sont certes minoritaires mais qui se sont développées ces dernières années.

L’UNEF rappelle ensuite sa proposition d’un compromis sur le contenu du décret à condition qu’il renforce le droit à la poursuite d’étude des étudiants en deuxième cycle. Ce compromis doit reposer sur deux piliers:

-L’encadrement de certaines pratiques actuelles de sélection à l’entrée du master 2. Il ne serait pas acceptable que la liste des formations que le décret autorise à sélectionner en master 2 soit un simple copié-collé des pratiques actuelles recensées par les présidents d’universités. Le décret doit définir les critères objectifs qui déterminent la sélection, comme l’accès à une profession réglementée ou la préparation d’un concours, et donc réduire de fait le nombre de masters 2 sélectifs.

-Le droit pour tous les titulaires d’un master 1 de poursuivre leurs études dans au moins un master 2 du même grand domaine de formation dans leur établissement. Ce point, qui doit être inscrit en tant que tel dans le décret, est indispensable pour en finir avec les pratiques élitistes de certains établissements qui se débarrassent de leurs étudiants après 4 années de formation sans se préoccuper de leur poursuite d’étude et de leur accès au diplôme.

Les propositions portées par l’UNEF sont un moyen d’éviter un simple statu quo qui mettrait fin aux recours juridiques contre les universités sans pour autant régler les problèmes de fond auxquels sont confrontés les étudiants. Thierry Mandon a l’occasion d’apporter une réponse ambitieuse à une question soulevée par la communauté universitaire depuis la mise en place du LMD en 2002.

L’UNEF souhaite être reçu rapidement par le Secrétaire d’Etat afin d’ évoquer le contenu du décret et faire entendre son exigence d’une démocratisation du master.

 

 

[1] http://www.letudiant.fr/educpros/entretiens/thierry-mandon-la-selection-en-master-ne-va-ni-augmenter-ni-diminuer.html