Rejet net en CNESER de l’extension du dispositif « meilleurs bacheliers » : le gouvernement doit renoncer à l’inscrire dans sa loi !

Le CNESER, réunit ce lundi 15 février, a refusé (à 22 voix contre, 4 pour et 5 abstentions) l’extension du dispositif « meilleurs bacheliers » prévu dans la loi Egalité et Citoyenneté. Depuis la loi ESR de 2013, il permet aux 10% des meilleurs bacheliers par filière de chaque lycée de bénéficier d’un accès aménagé pour les formations sélectives de l’enseignement supérieur. Cette extension a pour objectif de concerner également les filières en tension pour cause de capacités d’accueil limitées.

Le dispositif « meilleurs bacheliers » inefficace contre la reproduction sociale

Derrière l’objectif de lutter contre les inégalités et la reproduction sociale, ce dispositif est une fausse solution. L’enjeu de l’accès de tous à la formation de son choix pour élever le niveau de qualification ne peut pas concerner uniquement une poignée de jeunes « méritants ». Pour que le service public d’enseignement supérieur assure véritablement son rôle d’ascenseur social, il faut renforcer sa capacité à offrir à l’ensemble des bacheliers une formation de qualité avec un investissement massif à destination des premiers cycles.

Les universités sont le pilier de la démocratisation des études supérieures de haut niveau par leur libre accès académiques ainsi que leurs frais d’inscription à bas coût. Favoriser à travers une politique de quota l’accès aux filières sélectives pour les bacheliers les plus méritants revient à renforcer les logiques d’un enseignement supérieur à deux vitesses qui délaisse les universités au profit des grandes écoles.

 

La licence, quelle qu’en soit la filière, n’a pas vocation à devenir sélective !

Le gouvernement souhaite l’élargissement du dispositif « meilleurs bacheliers » aux licences à capacités d’accueil limitées. L’UNEF rappelle que la seule condition d’accès à la licence doit être le baccalauréat : avec une telle mesure, le gouvernement acte que ces formations deviendraient de fait sélectives. Pourtant, la diminution des capacités d’accueil dans ces filières est le résultat de la pénurie budgétaire imposée par le gouvernement aux établissements.

 

Pour remplir les objectifs que le gouvernement s’est lui-même fixé, à savoir atteindre 60% d’une classe d’âge diplômée de l’enseignement supérieur, la solution n’est pas de mettre en place des procédures d’admission parallèle mais bien de financer les universités à hauteur des besoins pour qu’elles soient en capacité d’accueillir l’ensemble des jeunes et leur assurer une formation de qualité.

 

L’UNEF appelle le gouvernement à renoncer à ce dispositif.