Pourquoi tant de mépris ? Quelques déclarations du gouvernement contre les jeunes

Etre jeune en 2016, ce n’est pas seulement subir la précarité des études et de l’insertion professionnelle. Il faudrait également accepter le mépris du gouvernement et son refus de nous entendre. Commentaires sur quelques déclarations de cette semaine.

Emmanuel Macron : « il faut que les jeunes comprennent que ce projet de loi est bon pour eux ». On comprend mieux pourquoi le gouvernement a repoussé de deux semaines la présentation du projet de loi en conseil des ministres. Discuter du fond du texte avec les jeunes ? Certainement pas ! La conviction du gouvernement c’est que les 1 million de signataires de la pétition n’ont rien compris au projet de loi Travail. L’UNEF souhaite bon courage au Ministre de l’économie pour expliquer aux jeunes en quoi la précarisation du marché du travail est une bonne chose pour eux.

Myriam El Khomri : « les inquiétudes des jeunes sont absurdes ». Ceux qui nous rabâchent les oreilles à longueur de journée avec l’inquiétude des employeurs à embaucher- il faut croire que les stages, les CDD et la période d’essai du CDI ne suffisent pas à les rassurer – sont beaucoup moins à l’écoute des inquiétudes des jeunes face à la précarité. L’UNEF rappelle à la Ministre du travail que les jeunes ne sont pas seulement « inquiets » mais aussi et surtout convaincus que son projet de loi est dangereux pour leur avenir.

Thibault Lanxade (vice-président du MEDEF) : « Il y a beaucoup d’intoxications. On voit bien que des cellules dormantes sont réactivées ». On comprend que le Medef aurait préféré que la jeunesse reste endormie pendant les débats sur le projet de Loi Travail, ce n’est malheureusement pas le cas. On peut aussi s’étonner de l’utilisation d’un vocabulaire – « cellule dormante » – emprunté à la lutte anti-terroriste… Ne doutant pas de l’honnêteté intellectuelle du Medef et sa volonté d’apporter des arguments constructifs au débat, il ne peut s’agir que d’une maladresse.

Une concertation, mais sans les jeunes…

Dans le cadre du report du projet de loi, le gouvernement organise la semaine prochaine une nouvelle concertation avec l’ensemble des syndicats professionnels mais fait le choix délibéré de fermer la porte aux organisations de jeunesse. « Priorité à la jeunesse » mais apparemment pas à la consultation des jeunes.

L’UNEF a pourtant des arguments à présenter au Premier Ministre et à la Ministre du travail pour le retrait du projet de loi Travail et la mise en place d’une véritable politique d’emploi des jeunes.

Le choix du gouvernement de refuser d’écouter les jeunes ne fait que nous conforter dans l’idée que la mobilisation est indispensable pour faire entendre notre voix. L’UNEF réaffirme son appel à une journée d’action le mercredi 9 mars, première étape de ce qui doit être un mois de mobilisation aux côtés des salariés.