Décret sur la sélection en master : où est le droit à la poursuite d’étude en Master 2 ?

 

Suite à l’avis rendu par le Conseil d’Etat, le gouvernement vient de publier le décret qui encadre les pratiques de sélection en master et qui sera présenté en CNESER le lundi 18 avril.

Si le débat sur la sélection en Master est loin d’être clos, l’UNEF considère que le contenu de ce décret est un mauvais signal. Certes, il empêchera pour la prochaine rentrée les pratiques sélectives en M1 et réduira légèrement le nombre de pratiques sélectives en M2, mais où est passé la question fondamentale du droit à la poursuite d’étude jusqu’à la fin du master ?

Il y a moins de deux mois la Ministre de l’Education nationale de l’enseignement supérieur et de la recherche, Najat Vallaud-Belkacem, considérait la sélection en master comme « rétrograde ». Aujourd’hui, il semble que les ambitions du ministère sont revues à la baisse et que le simple objectif de « sécurisation juridique » ait pris le dessus. Pourtant, il faudra bien que le gouvernement apporte une réponse à tous ces étudiants titulaires d’un M1 qui se retrouvent sans solution de formation à cause de la sélection en M2.

 

Le droit à la poursuite d’étude en M2 : une solution de compromis que le gouvernement fait le choix d’ignorer

L’UNEF propose depuis le début des débats un compromis qui permettrait de sécuriser juridiquement les établissements tout en garantissant aux étudiants la possibilité de suivre leur formation jusqu’à l’obtention de leur diplôme. Le gouvernement doit inscrire dans son décret le droit, pour tout titulaire d’un M1, de poursuivre ses études dans au moins un M2 du même grand domaine de formation dans son établissement. Cette mesure permettrait de responsabiliser les universités et d’en finir avec les pratiques scandaleuses qui aboutissent à laisser sur le carreau des étudiants après 4 années de formation.

 

Ouverture d’un débat autour de l’orientation Licence-Master : une dérobade dangereuse

Le Secrétaire d’Etat à l’enseignement supérieur a annoncé l’ouverture de « concertations » sur la question du master dans les mois à venir. Ce débat ne doit pas être une fuite en avant pour justifier l’absence d’ambition du décret master.

Par ailleurs, l’UNEF conteste le cadre de la concertation annoncé par le Secrétaire d’Etat. L’UNEF refuse qu’une « orientation renforcée à l’entrée du master » ne soit le lieu d’une sélection qui ne dit pas son nom (dissuasion, orientation forcée et « gestion des flux »). Le débat sur lequel s’engage le gouvernement est glissant, alors même que certains acteurs de l’enseignement supérieur œuvrent pour la mise en place d’une sélection à l’entrée du master 1, ce qui aurait pour conséquence de dévaloriser le diplôme de licence et de favoriser la reproduction des inégalités sociales.