Tirage au sort en PACES d’Ile-de-France : une décision intolérable !

Le rectorat de Paris a annoncé ce mercredi 4 mai la mise en place du tirage au sort à l’entrée des PACES d’Ile-de-France. Il ne suffit plus d’avoir le baccalauréat pour s’inscrire dans les filières de santé, il faudra également avoir de la chance !
Alors que les déserts médicaux se multiplient et que le manque de médecins s’aggrave, refuser à des bacheliers le droit de s’inscrire dans les filières de santé est une aberration.

En cause, le choix scandaleux des présidents d’université de baisser leurs capacités d’accueil

Le nombre de places en PACES d’Ile-de-France passe de 8 143 en 2015 à 7500 pour la rentrée 2016. Alors que le nombre de jeunes qui souhaitent poursuivre des études supérieures augmente à chaque rentrée depuis 2006, cette diminution brutale crée un décalage important entre le nombre de places disponibles et les demandes d’inscription.
Le choix de baisser fortement les capacités d’accueil et donc de déclencher la procédure de tirage au sort a été fait en toute connaissance de cause par les présidents d’université, au détriment du droit aux études des bacheliers.

Pourquoi le gouvernement a-t-il cautionné le tirage au sort ?
C’est au rectorat, et donc au Ministère de l’enseignement supérieur, que revient la décision d’avaliser ou non la baisse des capacités d’accueil et ainsi le déclenchement du tirage au sort. Alors même que Thierry Mandon avait déclaré que le tirage au sort était une procédure « totalement absurde», il laisse se développer cette procédure !

L’UNEF exige le respect des tous les bacheliers à s’inscrire dans la filière de leur choix

– Sécuriser la rentrée 2016
Le tirage au sort, tout comme la sélection, sont inacceptables.
Pour permettre à tous les lycéens franciliens de s’orienter vers des études de santé et écarter la procédure de tirage au sort, les universités doivent immédiatement augmenter leurs capacités d’accueil. Il revient ensuite au Ministère d’assumer ses responsabilités en accordant des moyens financiers supplémentaires pour accueillir et former correctement ces étudiants.

– A plus long terme, réformer les études de santé
Force est de constater que le fonctionnement actuel des études de santé est incohérent, source de sélection sociale, et mal intégré dans le système d’enseignement supérieur actuel.
L’UNEF demande la mise en place dès 2017 d’une licence de Santé, qui permette de s’orienter progressivement et de déboucher sur plusieurs professions avec, entre autres, les concours de médecine à la fin de la 3ème année. Les étudiants « reçus-collés » pourraient s’orienter vers d’autres formations et métiers de la santé. Cette alternative permettrait de régler le problème de l’engorgement de la PACES, réduire la sélection sociale du concours, et améliorer la qualité de la formation des futurs professionnels de la santé.