Loi égalité et citoyenneté : avancée ou recul pour les droits des jeunes ? La balle est dans le camp des députés

Ce lundi 26 juin, s’ouvrent à l’Assemblée Nationale les débats parlementaires sur la loi égalité et citoyenneté. Elle est présentée comme le dernier acte fort du quinquennat dans la priorité jeunesse, alors que le gouvernement peine à remplir sa promesse que les jeunes vivent mieux en 2017 qu’ils ne le faisaient en 2012. La loi est présentée comme reposant sur deux piliers: réaliser la promesse républicaine de l’égalité, et renforcer l’engagement citoyen comme composante essentielle du lien social. Si ces ambitions sont bonnes, le contenu du projet de loi est loin d’être à la hauteur.

Un projet de loi en décalage avec les attentes des jeunes

Certains dispositifs manquent d’ambition et d’autres traduisent une vision autoritaire de la République, à l’inverse de l’aspiration à l’égalité qui s’est exprimée chez les jeunes.

Dans le domaine de l’engagement, les propositions qui visent à une généralisation du service civique (intermédiation, extension des structures agréées notamment dans l’ESS) tendent à uniformiser l’engagement et risquent de constituer une nouvelle forme d’emploi déguisé.

Dans le domaine du logement, ce projet de loi prévoit la possibilité pour le gouvernement de légiférer par ordonnance concernant les critères d’attribution des APL. Alors que depuis deux ans les tentatives de réformes des APL ont été vivement contestées par les jeunes, cette simplification peut s’assimiler à une volonté de passage en force.

Pire, dans le domaine éducatif, cette loi ouvre une porte de régression grave comme la sélection à l’entrée de l’université, via l’extension du dispositif meilleurs bacheliers aux filières « en tension ».

L’UNEF réclame le retrait de ces dispositifs.

 

Un projet de loi qui doit ouvrir de nouveaux droits

Pour que ce projet de loi ne soit pas une occasion manquée il doit permettre d’ouvrir de nouveaux droits, afin de répondre effectivement aux aspirations des jeunes :

Faciliter l’accès à un logement autonome, par la création d’un dispositif unique de Garantie locative.

-Intégrer les jeunes au droit commun, en supprimant le critère d’âge pour l’accès au RSA et en permettant aux étudiants, apprentis et stagiaires de bénéficier de la prime d’activité

-Créer de nouveaux outils pour lutter contre les discriminations, que ce soit sur l’arrivée sur le marché du travail à travers le CV anonyme ou pour lutter contre les comportements discriminants oppressants du quotidien à travers le récépissé du contrôle d’identité.

L’UNEF appelle les députés à rejeter les articles qui entraineraient une régression des droits des jeunes et à soutenir les dispositions qui iront dans le sens de la création de nouveaux droits.