Réforme du master : l’UNEF gagne un droit à la poursuite d’étude

Depuis quelques mois, la ministre de l’enseignement supérieur Najat Vallaud Belkacem a annoncé l’ouverture d’une concertation pour réformer le master. Convaincue qu’une réforme était nécessaire, l’UNEF s’est investie afin de trouver un compromis mais pas à n’importe quel prix ! L’UNEF a posé comme préalable à toute réforme la création d’un droit à la poursuite d’étude en master pour tous les diplômés de licence.

 

Sortir d’une sélection absurde

A l’heure où la sélection en master 2 s’est généralisée, le couperet de la sélection entre master 1 et master 2 laisse des étudiants sur le côté de la route sans garantie de poursuite d’études. Cette situation provoque une sélection sociale importante, les enfants d’ouvriers représentent 12,7% des étudiant-e-s en licence alors qu’en master ils ne sont plus que 7,8 % des effectifs, entraînant ainsi des sorties d’études à bac +3 ou à bac +4.  Face à une sélection archaïque, il était nécessaire d’affaiblir cette barrière sélective incohérente relevant d’une démarche élitiste.

 

La démocratisation du master : un enjeu majeur

Alors que les inégalités sociales s’accentuent quand le niveau de formation augmente, il est nécessaire de démocratiser l’accès au master et permettre à tous d’accéder au plus haut niveau de formation. Cette réforme doit contribuer à relancer l’ascenseur social et répondre aux aspirations de notre génération : avoir le droit à un diplôme de qualité et à une qualification pour pouvoir s’insérer sur le marché du travail.

 

Le droit à la poursuite d’études : une victoire d’ampleur pour les étudiants

Avec cette réforme, l’UNEF a gagné un droit opposable à la poursuite d’étude en master pour tous les diplômés d’une licence. Ainsi, cette réforme va permettre d’augmenter le nombre d’étudiant qui a accès au diplôme de master.

 

Plus aucun n’étudiant ne se verra obligé d’interrompre ses études faute de propositions d’inscription en master

Avec cette réforme l’UNEF a gagné que le droit à la poursuite d’études ne soit pas factice mais devienne une réalité pour les étudiants. Désormais tout étudiant qui ne serait pas admis dans une formation de master, se verra proposer trois possibilités d’inscriptions avec des critères définis :

-La priorité donnée à l’établissement: Chaque jeune qui n’a pas eu d’admission en master se verra proposer une poursuite d’étude au sein de l’établissement où il a obtenu sa licence quand l’offre de formation le permet.

-Respect du projet de l’étudiant : Les propositions faîtes aux étudiants se feront en cohérence pédagogique avec sa licence obtenue en prenant en compte son projet professionnel.

-Droit assuré par le rectorat : Comme c’est le cas pour le droit d’accès en licence pour tous les bacheliers, le recteur devra faire des propositions pour s’assurer que tout diplômé de licence puisse accéder à un master

-Transparence dans le recrutement : Une plus grande transparence sera mise en place sur les critères de recrutement pour garantir à chaque étudiant de la lisibilité afin de mettre fin à une sélection tacite des moins informés. Chaque refus d’admission devra ainsi être motivé et communiqué à l’étudiant.

 

Une nouvelle étape pour continuer à gagner de nouveaux droits

L’UNEF sera vigilante à ce que

-cette proposition de projet de loi soit votée en respectant l’accord trouvé qui garantit le droit à la poursuite d’étude pour tous les diplômés de licence dans l’objectif de la démocratisation du master

-des moyens nécessaires soient investis dans l’enseignement supérieur afin que cette réforme se fasse dans de bonnes conditions et remplisse ses objectifs : la démocratisation de l’accès au master et permettre à tous de réussir en garantissant de bonnes conditions d’études.