PLF 2017, l’UNEF salue la hausse de 850 millions mais dénonce un budget qui reste insuffisant au regard des besoins des universités

Ce lundi 7 novembre 2016 s’ouvre à l’assemblée nationale les débats sur le projet de loi de finance pour 2017 concernant l’enseignement supérieur et la recherche.

 

Un budget en hausse…

L’UNEF salue la hausse de 850 millions d’euros dans le budget de l’enseignement supérieur. Elle permet de financer les mesures sociales en direction des jeunes obtenues pendant la mobilisation contre la loi travail (aide à la recherche au premier emploi, création de places en BTS, passage de tous les étudiant-e-s bénéficiant d’un échelon 0 à un 0bis) ainsi que d’apporter un premier rattrapage à l’augmentation du nombre d’étudiant-e-s de ces dernières années.

 

…mais insuffisant face à la réalité sur les universités !

Pourtant ces annonces budgétaires sont insuffisantes face à la pénurie qui s’est installée ces dernieres années dans nos universités et à la précarité subie quotidiennement par les étudiant-e-s. L’UNEF rappelle que les besoins de financement du service public d’enseignement supérieur sont encore conséquents pour pouvoir accueillir correctement les bachelier-ère-s qui s’inscrivent dans l’enseignement supérieur et améliorer les conditions d’études.

Depuis deux ans ce sont plus de 100 000 étudiant-e-s supplémentaires qui ont rejoint les bancs de l’université, soit l’équivalent des effectifs de deux universités de tailles moyennes, alors que le budget de l’enseignement supérieur stagne depuis le début du quinquennat. Cela s’ajoute à une situation d’asphyxie budgétaire issue notamment, de l’absence de compensation financière suffisante du passage aux RCE (Responsabilité compétence élargie).

Face à la pénurie qui s’est installée ces dernières années, ce sont les étudiant-e-s les premier-ère-s touché-e-s. Réduction des capacités d’accueils, coupe budgétaire dans les formations, suppression de filières, d’heures de cours, autant de décisions qui remettent en cause les conditions d’études et la réussite des étudiant-e-s. Dès le mois de juillet, ce sont près de la moitié des universités qui ont déclaré avoir au moins une filière en tension. A la rentrée dans les universités de Dijon et de Toulouse 3, des plans d’austérité ont été adoptés qui suppriment jusqu’à 1500h de formation et 200 postes.

Au total, la communauté universitaire chiffre à plus d’1 milliard d’euros l’investissement nécessaire dans les universités.

 

Un budget qui doit revoir ses priorités et investir dans la réussite en 1er cycle !

Cette année encore, l’Etat fait le choix de consacrer 10 milliards d’euros au financement sur appel à projet, à travers PIA3, faisant par-là, le choix d’une politique budgétaire de mise en concurrence des établissements plutôt que de fléchage vers la réussite universitaire. La remise à plat de la répartition de ces financements doit être une priorité.

 

Il y a urgence à sortir les jeunes de la précarité.

La rentrée 2016 a été, un fois encore, synonyme de précarité pour les étudiant·e·s. Alors que le coût de la vie pour les étudiant-e-s a encore augmenté, les inégalités sociales et la précarité s’accroissent. Salariat étudiant-e-s, renoncement aux soins, autant de conséquences qui remettent en cause la réussite de tou-te-s dans l’enseignement supérieur. La mobilisation des jeunes contre la loi travail a permis d’obtenir un nouvel investissement pour améliorer leurs conditions de vie. L’augmentation du budget du programme 231 est une première réponse, pour autant ces moyens supplémentaires sont insuffisants pour endiguer la précarité grandissante chez les étudiant-e-s et mettre en place une véritable protection sociale qui favorise l’autonomie de tou-te-s les jeunes.

L’UNEF appelle les députés à se prononcer en faveur de tous les amendements qui visent à renforcer le budget de la formation, notamment vers les premiers cycles et les aides sociales.

 

L’UNEF revendique :

-un réinvestissement à hauteur de 1 milliard d’euros à destination des premiers cycles pour accueillir tous-tes les nouveaux-elles étudiant-e-s et leur garantir les conditions de leur réussite.

-un investissement dans le système de bourse, afin d’en augmenter le montant et le nombre de bénéficiaires.

L’UNEF appelle les jeunes à se joindre à la manifestation ce lundi 7 novembre, 16h, devant l’Assemblée Nationale.