CNESER budgétaire: une augmentation des moyens alloués à l’enseignement supérieur salutaire mais insuffisante

Lundi 12 décembre 2016 était porté à l’ordre du jour du CNESER le vote de la répartition des moyens financiers alloués entre les établissements de l’enseignement supérieur et de la recherche pour l’année 2017.

La répartition des moyens a été largement rejetée par la communauté universitaire qui dénonce le manque de moyens alloués aux établissements, avec 30 voix contre, 27 abstentions et 8 voix pour.

 

Des mesures structurelles et un investissement budgétaire notables…

L’UNEF salue l’augmentation des moyens alloués à l’enseignement supérieur qui permet la prise en compte de l’augmentation du coût de la masse salariale et la compensation des frais d’inscription des étudiants non-boursiers.

Face à un enseignement supérieur à bout de souffle, cette augmentation du budget répond à un besoin structurel des établissements. Avec plus de 100 000 étudiant·e·s en plus en 2 ans, il était nécessaire de réinvestir pour assurer un accueil et un encadrement correct pour l’ensemble des jeunes partout en France.

Ces choix répondent – tardivement – à des revendications portées par l’UNEF et l’ensemble de la communauté universitaire depuis le début du quinquennat. Elles doivent ainsi être pérennisées pour les années futures.

 

… Mais insuffisants face à la réalité dans les établissements

Ces annonces sont en décalage avec les conditions d’études des étudiant-e-s, et leurs effets ne se font pas ressentir sur les campus.

En effet, depuis 5 ans, les trous dans les budgets des établissements ont eu le temps de se creuser. Les millions d’euros annoncés ne permettent pas d’endiguer la crise que subissent les universités.

L’UNEF rappelle que les besoins de financement du service public d’enseignement supérieur sont encore conséquents pour pouvoir accueillir correctement les bachelier-ère-s qui s’inscrivent dans l’enseignement supérieur et améliorer les conditions d’études.

 

Au quotidien, dans nos établissements, les conséquences du manque de moyens se font toujours autant ressentir

L’investissement budgétaire décidé par le gouvernement est trop faible pour avoir des effets visibles pour les étudiants. Preuve en est, les budgets propres des établissements, qui sont votés au cours du mois de décembre dans les conseils d’administration, entérinent de nouvelles dégradations des conditions d’étude.

Ce sont aujourd’hui pas moins de 9 universités qui sont en déficit. De même plusieurs mobilisations se sont développées ce semestre :

-A l’université de Toulouse 3 pour dénoncer le gel de 200 postes

-A l’université de Bourgogne pour dénoncer plus de 1500 heures de cours supprimés

-A l’université de Franche-Comté pour combattre la suppression de 2 filières

 

Un investissement budgétaire nécessaire et urgent

Le service public de l’enseignement supérieur doit pouvoir remplir correctement ses missions, garantir ainsi à chaque jeune, quelle que soit son origine sociale, un diplôme de qualité qui le protègera tout au long de sa vie. Il en va de notre avenir, et notre capacité à nous insérer correctement sur le marché du travail.

L’Etat doit donc répondre en urgence à la crise budgétaire que rencontrent les universités, en leur donnant les moyens de fonctionner.

 

L’UNEF revendique ainsi :

-un réinvestissement à hauteur de 1 milliard d’euros à destination des premiers cycles pour accueillir tous-tes les nouveaux-elles étudiant-e-s et leur garantir les conditions de leur réussite.

-la création réelle de postes administratifs et pédagogiques

-un investissement dans le système de bourse, afin d’en augmenter le montant et le nombre de bénéficiaires.