Premier bilan d’APB : L’UNEF alerte les candidat-e-s à l’élection présidentielle, sur une rentrée universitaire qui s’annonce sous tension.

 

Pour la rentrée universitaire 2017 ce sont 39 700 candidat·e·s de plus enregistré·e·s sur la plateforme APB dont plus de 25 800 élèves de terminales. L’augmentation des demandes d’inscription, +4,9% par apport à 2016, et le manque des budgets des établissements d’enseignement supérieur multiplient les difficultés pour accéder dans l’enseignement supérieur.

Si l’augmentation du nombre d’étudiant-e est une chance, ces chiffres démontrent une nécessité pour la rentrée 2017 et le prochain gouvernement : investir dans l’enseignement supérieur et la recherche et garantir un droit aux études à notre génération.

Trier et sélectionner les étudiant-e-s n’est pas la solution !

Face à l’augmentation des demandes d’inscriptions, la pénurie budgétaire qui frappe les universités ne permet pas au service public de remplir son objectif de démocratisation. Les 100 millions d’euros supplémentaires investis à la rentrée 2016 n’ont pas suffi à endiguer la crise budgétaire des universités. Ce sont d’ailleurs plus de 9 universités qui ont voté un budget en déficit cette année, témoignant d’une situation plus qu’alarmante. L’UNEF rappelle que la question budgétaire est au cœur de la multiplication des problèmes d’inscriptions ces dernières années.

L’UNEF met en garde contre la tentation qu’on certains candidat×e×s à l’élection présidentielle, de mettre en place différentes formes de sélection à l’entrée de l’université. Derrière les statistiques, avec l’augmentation des barriètes pour accéder à l’enseignement supérieur, des jeunes voient leur projet d’étude remis en cause où sont contraints de s’orienter par défaut avec l’échec universitaire à la clef.

Un service public de l’orientation qui doit être renforcé

Les premiers chiffres d’APB démontrent une orientation très genrée et fortement influencée par le baccalauréat d’origine. On perçoit notamment une forte demande dans 4 filières très ciblées, qui sont chaque année les même: PACES, Droit, STAPS et Psychologie.

Cette orientation déterminée met en exergue les manquements du système d’orientation. Aujourd’hui, le peu d’accompagnement, le manque de visibilité et l’opacité de la plateforme APB créent une auto censure importante chez les jeunes dans leur choix d’orientation.

Les bachelier-e-s professionnel-le-s, les oubliés de l’enseignement supérieur

Avec 83% des bachelier-e-s professionnel-le-s qui font le choix d’une filière en STS, le bizutage social est d’autant plus violent pour elles et eux en raison du manque de places dans ces formations.

Confrontés à l’arbitraire de la sélection dans les formation qui assurent le mieux leur réussite (STS), les bacheliers professionnels sont ceux qui reçoivent le moins de réponse favorable par le système APB

L’UNEF interpelle les candidat·e·s à l’élection présidentielle et exige de leur part des engagements forts pour permettre à chaque jeune d’avoir accès à la formation de son choix et à un diplôme de qualité.

L’UNEF revendique pour la rentrée prochaine:

– Un investissement budgétaire d’urgence en premier cycle à la hauteur de l’évolution démographique pour garantir le droit aux études à notre génération.

– Une augmentation du financement du service public d’orientation pour renforcer l’accompagnement des jeunes.

– La création d’un droit à l’inscription pour les bacheliers professionnels et technologiques, respectivement en STS et IUT