Augmentation des frais d’inscription dans les écoles : une situation hors de contrôle

Trois arrêtés ont été publiés le 28 mars augmentant les frais d’inscription à l’institut Mines-Telecom, à Mines Paris-Tech et Telecom EM (management) dès la rentrée 2017. Les jeunes bachelier∙e∙s seront donc aujourd’hui sélectionnés dans certaines écoles publiques sur leur capacité à payer plus de 6 000 euros par an de frais d’inscription !

Le gouvernement admet la mise en place d’une véritable sélection sociale à l’entrée des écoles publiques

– L’IMT Lille-Douai fait le choix d’alignés ces frais d’inscriptions sur ceux des autres écoles de l’IMT, soit 2 150 euros par an.

– A Mines ParisTech, les frais d’inscriptions seront de 2 450 euros à partir de la rentrée 2017 (+14 %).

– Télécom École de management verra quant à elle ses frais d’inscription atteindre la somme astronomique de 6 100 euros par an.

– Centrale-Supélec voit ses frais d’inscription augmenter de plus de 1800€ en quatre ans (passant de 620 à 1850 euros à la rentrée 2015, 2200 euros à la rentrée 2016, et 2570 euros à la rentrée 2017).

Si les frais d’inscription dans ces établissements ne sont pas directement régulés par l’état, cette hausse traduit un choix politique de désengagement du financement de l’enseignement supérieur et de laisser la porte ouverte a des frais d’inscription particulièrement élevé. La promulgation de ces arrêtés par le ministère de l’enseignement supérieur entérine le choix du gouvernement de laisser la porte ouverte à toutes les dérives.

Derrière les chiffres, c’est l’avenir des jeunes qui est obstrué par ces augmentations

La hausse de ces frais d’inscriptions pénalisera d’abord les étudiant∙e∙s des classes moyennes, dont le revenu des parents est trop élevé pour être boursier∙e∙s, (donc exonérés des frais d’inscription), mais qui n’ont pas les moyens de débourser des milliers d’euros pour leur inscription. Une situation d’autant plus absurde quand 70% des étudiant-e-s sont exclus du système de bourse.

D’autant que les étudiant∙e∙s étranger∙e∙s sont particulièrement touché par cette hausse des frais d’inscription. Ainsi les ressortissants des pays hors de l’UE devront payer plus de 4 000 euros par an à l’IMT et à Mines ParisTech. Alors que les étudiant∙e∙s étranger∙e∙s rencontrent déjà aujourd’hui de nombreuse difficulté tant administrative que financière. Cela revient à assumer que seul les étudiant∙e∙s étranger∙e∙s fortuné ont la possibilité de réaliser des études en France.

Ce sont ainsi de nombreuses professions et opportunités d’insertion professionnelle qui sont par cette hausse des frais d’inscription interdites aux jeunes d’origine sociale modeste.

Les étudiant∙e∙s attendent des engagements forts de la part des responsables politiques

Il est inacceptable que le gouvernement finance ses plans d’économie en faisant les poches des étudiants.
L’UNEF exige un retrait de toutes les hausses de frais d’inscription survenues ces dernières années, à commencer par CentraleSupélec, les Instituts d’Etudes Politique, l’École Nationale des Ponts et Chaussées et bien sûr les écoles des Mines.

A quelques semaines des élections présidentielles, l’UNEF appelle l’ensemble des candidat∙e∙s à se prononcer sur :

– Le retour des frais d’inscription des écoles publiques à leur niveau de 2012

– Le gel des frais d’inscription au sein des écoles publiques