Emmanuel Macron élu président de la république : l’UNEF demande à être reçue pour avoir des clarifications et exprimer ses revendications

Ce dimanche 7 mai, Emmanuel Macron a été élu président de la république française avec 66.1% des suffrages exprimés.

L’UNEF prend acte de l’élection d’Emmanuel Macron face à Marine Le Pen, candidate du Front National. L’UNEF avait appelé à faire barrage à l’extrême droite en rappelant que le Front National ne serait jamais un parti comme les autres. A l’occasion de ce second tour des élections présidentielles, plusieurs éléments semblent importants à noter :

  • Une abstention record de 24.95% encore plus forte chez les jeunes puisque ce sont plus d’un jeune sur trois que ne se sont pas déplacés aux urnes.
  • 11 millions d’électeurs ont voté pour la candidates du Front National, ce qui constitue un score historique
  • 43% des électeurs de M. Macron ont voté pour lui afin d’empêcher Marine Le Pen d’accéder au pouvoir.

Ces élections traduisent la profonde fracture entre les jeunes et les institutions politiques, mais aussi la défiance grandissante face à une société qui les considère comme une variable d’ajustement, et refuse de prendre en compte leurs aspirations légitimes. Alors que ce dimanche les jeunes ont pris leurs responsabilités pour refuser le vote de la haine, cela n’est en rien un chèque en blanc pour Emmanuel Macron.

Les jeunes ne peuvent pas attendre un quinquennat de plus pour voir leurs conditions de vies s’améliorer

Alors que le coût de la vie augmente chaque année, les jeunes sont de plus en plus précaires. Pourtant, le programme de M. Macron insiste sur la notion de « mérite » pour refonder les aides sociales, derrière laquelle repose de nombreuses inégalités économiques et sociales. Les étudiant∙e∙s n’accepteront pas  une refonte du système d’aides sociales qui creuse les inégalités !

De la même manière, notre génération aspire à être plus diplômée, plus qualifiée afin de pouvoir s’insérer dans de bonnes conditions sur le marché du travail, quelle que soit notre origine sociale. Face à cette situation, le programme de M. Macron fait référence à l’instauration de « prérequis » à l’entrée de la licence pour sélectionner les étudiant×e×s. Trier et sélectionner les étudiant∙e∙s n’est pas la solution !

L’UNEF rappelle qu’aucune réforme ne se fera sans les étudiant∙e∙s

A l’occasion de son 85ème congrès, l’UNEF a porté des exigences auprès des candidats à l’élection présidentielle. Face à une société morcelée, l’UNEF rappelle au nouveau président de la République l’urgence d’agir. Seul rempart contre l’obscurantisme, l’éducation doit être une priorité nationale.

L’augmentation du nombre de bachelier∙e∙s d’année en année est une chance pour notre pays et il y a urgence à  garantir un droit aux études à notre génération. L’UNEF réaffirme la nécessité d’une réforme d’ampleur de l’université permettant la démocratisation de l’enseignement supérieur : réforme des premiers cycles, investissement massif de l’Etat, allocation d’autonomie, égalité entre les étudiant∙e∙s…

L’UNEF rappelle qu’aucune réforme ne se fera sans les étudiant∙e∙s et que certaines lignes jaunes ne sauraient être franchies : mettre en place une sélection à l’entrée de l’université ou encore une augmentation des frais d’inscriptions irait à l’encontre d’un objectif de démocratisation.

L’UNEF demande à être reçue par M. Macron, Président de la République, afin de pouvoir exprimer l’urgence de la situation et les revendications de la jeunesse, mais aussi obtenir des clarifications concernant la feuille de route envisagée par le prochain gouvernement.