Suppression du tirage au sort, un premier pas qui doit appeler d’autres mesures ambitieuses pour garantir le libre accès a l’université.

La ministre de l’Enseignement Supérieur, de la recherche et de l’innovation, Frédérique Vidal, a affirmé, ce mardi 29 mai, lors d’un déplacement à Bordeaux, sa volonté de mettre fin au tirage au sort pour la rentrée universitaire 2018. Cette affirmation est une bonne nouvelle. Cependant la suppression du tirage au sort ne peut laisser place à d’autres fausses solutions.

« L’objectif est de porter 60% d’une classe d’âge diplômée du supérieur » [1]

Alors que le nombre de bachelier∙e∙s augmente, tout comme la poursuite d’études dans le supérieur, (+4.9% demandes d’inscriptions supplémentaires pour la rentrée 2017), il est urgent de franchir une nouvelle étape de la démocratisation de l’enseignement supérieur.

Ainsi, la mise en place de la sélection, quelle que soit sa forme, ne peut être la solution. Cela aurait pour conséquence de mettre à mal l’objectif de démocratisation de l’enseignement supérieur tout en renforçant la reproduction sociale. Face aux évolutions de la société, robotisation, transition écologique, etc. le besoin de jeunes diplômés de l’enseignement supérieur est en constante augmentation. Le livre blanc de l’enseignement supérieur rappel ainsi qu’entre 2015 et 2025 nous devons nous attendre à une baisse de plus de 25% des emplois peu qualifié et à une hausse de plus de 30% des emplois qualifiés.

Mme Frédérique Vidal a annoncé ce mardi, sa volonté de mettre en place « un contrat de réussite étudiant ». L’UNEF rappelle qu’en aucun cas ce « contrat de réussite » ne devra être l’arbre qui cache la forêt pour mettre en place la sélection.

A l’inverse, l’UNEF revendique la mise en place d’un service public d’orientation et le renforcement des dispositifs pédagogiques en premières années afin de garantir la réussite du plus grand nombre.

Une urgence : la préparation de la rentrée 2017

Cela fait plusieurs années que l’UNEF dénonce les pratiques de sélections illégales misent en place par les établissements à l’entrée de l’université. Derrière les statistiques, avec l’augmentation des barrières pour accéder à l’enseignement supérieur, ce sont des jeunes qui voient leur projet d’étude remis en cause où contraints de s’orienter par défaut avec l’échec universitaire à la clef.

Garantir l’accès des jeunes aux études de leur choix passera par un accompagnement de l’ensemble des bachelier∙e∙s dès cet été. Les difficultés liées à la mise en place du tirage au sort vont avoir impact pour les nouveaux bachelier∙e∙s dès le mois juin. Si la ministre a affirmé sa volonté « d’atténuer les effets pour la rentrée 2017 », l’UNEF sera vigilante et lancera son dispositif « SOS Inscription » dans les prochaines semaines, en vue d’aider l’ensemble des jeunes à pouvoir réaliser leur projet d’étude.

L’UNEF réaffirme sa volonté d’échanger avec le ministère et demande la mise en place de concertation sur les réformes nécessaires de notre système universitaire, dans l’intérêt des étudiant∙e∙s, en vue de garantir le libre accès à l’enseignement supérieur.

L’UNEF rappelle la nécessite que chaque bachelier∙e puisse trouver une inscription dans la filière de son choix en lien avec son projet d’étude dès la rentrée universitaire 2017.

[1] Rapport pour la Stratégie nationale de l’Enseignement supérieur (StraNES), 2015