Budget de l’ESR 2018: l’UNEF dénonce un investissement insuffisant qui va dégrader les conditions de vie et d’étude des étudiant.e.s

Les débats sur le projet de loi de finance pour 2018 ce sont ouvert à l’assemblée nationale concernant l’enseignement supérieur et la recherche.

Une augmentation qui n’est pas à la hauteur face à l’augmentation des effectifs étudiant.e.s …

S’il est prévu une hausse de 717 millions d’euros du budget alloué à l’Enseignement Supérieur et la Recherche, cette dernière bénéficie très peu aux étudiant·e·s qui, en l’état du projet de loi, verront une nouvelle fois leurs conditions d’étude se dégrader. En effet, seuls 194 millions sont consacrés à l’Enseignement Supérieur dont uniquement 31 millions pour la formation, tous niveaux confondus. L’UNEF rappelle que les besoins de financement du service public d’enseignement supérieur sont encore conséquents pour pouvoir accueillir correctement les bachelier-ère-s qui s’inscrivent dans l’enseignement supérieur et améliorer les conditions d’études.

Rien que pour cette rentrée, ce sont 40 000 étudiant∙e∙s supplémentaires qui ont rejoint les bancs de l’enseignement supérieur, soit l’équivalent des effectifs d’une université. Cela n’est pas anecdotique, alors que les effectifs augmentent depuis des années suite au boom démographique, le financement de l’enseignement supérieur ne suit pas et entraine une diminution du budget par étudiant de 10% en 10 ans.i

Ni des besoins de la recherche

Si près de 500 millions d’euros d’augmentation sont consacrés à la recherche, augmentation nécessaire au vu de son sous-financement chronique ces dernières années, 300 millions d’euros sont affectés pour rembourser des dettes vis-à-vis d’organismes internationaux. Le budget restant est lui aussi insuffisant pour répondre au besoin de financement de la recherche à l’heure actuelle.

Un budget qui ne répond pas aux enjeux d’une réforme du premier cycle universitaire

Alors que les locaux universitaires sont vétustes, que les amphithéâtres sont bondés, et que plusieurs milliers de bachelier·ère·s peinaient encore à la rentrée à trouver une place dans l’enseignement supérieur, l’investissement limité dans l’immobilier s’avère insuffisant pour faire face. Pire, en ce qui concerne plus précisément la licence, le budget 2018 ne prévoit que 4,2M€ supplémentaires sur la formation en licence soit une augmentation d’à peine 0.14%, ce qui ne permettra en aucun cas une réforme ambitieuse du premier cycle universitaire.

Ce budget est en contradiction avec la volonté affichée du ministère d’augmenter la réussite étudiante. Cette année encore le gouvernement fait le choix de consacrer 450 millions d’euros sur 5 ans au financement d’appels à projet, faisant par là le choix d’une politique budgétaire de mise en concurrence des établissements plutôt que de fléchage vers la réussite universitaire.

En l’état, le projet de loi de finances aboutira à une nouvelle dégradation de nos conditions d’études, de réussite et risque de remettre en cause le libre accès à l’université.

Il y a urgence à sortir les jeunes de la précarité

La rentrée 2017 a été une fois encore synonyme de précarité pour les étudiant∙e∙s. Alors que le coût de la vie a encore augmenté de 2.09%, les inégalités sociales s’accroissent. Salariat étudiant, renoncement aux soins, difficultés à se loger, autant d’éléments qui remettent en cause la réussite des étudiant∙e∙s. Pourtant le gouvernement fait le choix de baisser de près de 23 millions d’euros le budget du programme 231, dédié à la vie étudiante.

Cette baisse est essentiellement réalisée sur le budget de l’ARPE (Aide à la Recherche du Premier Emploi), obtenue par les jeunes en 2016 et dont l’enveloppe diminue de plus de moitié. Cela n’envoie qu’un seul message : la seule boussole du gouvernement demeure les économies budgétaires, quand la priorité devrait être au renforcement de l’information concernant ce dispositif pour s’assurer que les jeunes diplômés aient recours à ce droit.

L’UNEF appelle les député∙e∙s à se prononcer en faveur de tous les amendements qui visent à renforcer le budget de la formation, notamment vers les premiers cycles et les aides sociales.

L’UNEF revendique :

  • la hausse du financement des établissements de l’enseignement supérieur à hauteur de 2 milliards par an sur 10

  • la hausse du financement de la recherche à hauteur de 1 milliard par an

  • Un investissement dans le système de bourse, afin d’augmenter le montant et le nombre de bénéficiaires mais également dans les aides indirects pour s’assurer que les CROUS aient les moyens suffisants de construite de nouveaux logements dans le cadre du plan 60 000 initié par le gouvernement