La suppression du RESS, un recul sans précédent de l’autonomie des jeunes !

Ce matin lors de sa présentation du « Plan étudiants », le Premier Ministre a annoncé la suppression du régime étudiant de sécurité sociale dès la rentrée 2018. L’UNEF s’insurge contre une réforme idéologique et purement administrative.

Le régime étudiant un outil de l’autonomie des jeunes !

Le régime étudiant ne peut être regardé comme un simple organisme de gestion des remboursements des étudiant.e.s, il représente avant tout un espace de démocratie sociale à part entière. Par son organisation et son champ d’action il constitue un outil essentiel de l’accès des jeunes à leur autonomie.

Loin de proposer aux jeunes de devenir « acteurs » comme le présente le Gouvernement, le premier effet de cette réforme sera de faire reculer leur implication au sein de la sécurité sociale en supprimant le principal instrument de leur représentation.

Une décision qui ne résoudra pas problèmes de santé !

Plus grave, à un âge où les jeunes sont soumis à des difficultés de santé spécifiques constituées par les pratiques à risques, la construction de soi ou encore le renoncement aux soins, l’enjeu est de proposer une politique de santé adaptée. Elle doit reposer sur des bases claires et privilégier la prévention, la non-stigmatisation, et l’éducation par les pairs. Ces objectifs sont mis en œuvre au quotidien par les mutuelles étudiantes gestionnaires du régime étudiant et sont largement saluées par la communauté éducative.

Comment faire face à cette situation en ne proposant rien de moins que de démanteler cette mission et de la rendre à des acteur.trice.s dont la prévention ne constitue pas l’objectif principal ? Comment traiter les difficultés d’accès aux soins en enterrant le tiers payant généralisé quelques semaines auparavant ?

Dans ce contexte il est facile d’accuser le régime étudiant de difficultés de santé largement causées par les réformes des gouvernements successifs (paupérisation des jeunes, multiplication des forfaits, déremboursements, remise en cause du tiers payant généralisé…).

En matière de santé il est urgent de proposer des réponses adaptées et solidaires.

Enfin au fil du temps, la sécurité sociale a vu son périmètre considérablement réduit. En matière de santé elle ne prend plus en charge qu’un euro sur deux en moyenne. Dans ce cadre, prendre le risque d’affaiblir les acteur.trice.s mutualistes, solidaires et non-lucratif.ve.s que constituent les mutuelles étudiantes c’est tout simplement proposer de renvoyer encore une fois la gestion de la protection sociale à la responsabilité individuelle et donc au marché. Nous refusons que la santé des jeunes soit considérée demain comme une simple source de profit.

A l’inverse, nous proposons au gouvernement d’investir réellement dans la santé des étudiant.e.s et revendiquons :

  • La mise en place d’un plan national de prévention

  • La mise en place d’un chèque santé national, permettant aux étudiant.e.s d’avoir les moyens d’acquérir une complémentaire santé

  • La généralisation du Tiers Payant pour l’ensemble des étudiants

  • La généralisation des centres de santé sur toutes les villes universitaires