Formation sur le sexisme

Introduction

De récents événements on remit en lumière le sexisme dans l’enseignement supérieur (MeeToo, le TUMBLR Paye ta fac, les propos du professeur de Lille 2…). Ces événements nous rappellent que la bataille contre le sexisme n’est pas terminée et ne le sera pas tout de suite.

Ces questions de féminisme, ne sont pas exclusives à l’université. Les récentes mobilisations sur Roman Polanski aux César, la liberation de Jacqueline Sauvage, ou bien la Women’s March du 21 janvier tout autour du globe montrent que sur tous les sujets et dans tous les pays, une mobilisation se met en marche sur ces questions. Cela signifie que nous avons notre part à jouer là dedans pour obtenir de nouvelles avancées.

 

I – L’existence d’un schéma de domination

Notre société est organisée de façon genrée, c’est à dire qu’il y a une répartition différenciée des rôles dans la société et en fonction du genre qui nous a été assigné, on a attend des comportements différenciés de notre part avec une hiérarchie entre les hommes et les femmes « Le patriarcat est un système d’exploitation où c’est par principe l’homme, et non la femme, qui détient l’autorité au sein de la famille, tant au sens large de clan familial qu’au sens plus restreint de « chef de famille » dans la cellule familiale. » 

Question : Une question se pose c’est alors qu’on est conscient-e-s que ce système existe, que c’est un système de domination et d’exploitation, et l’exploitation ne fait pas partie des valeurs de nos sociétés (exemple du capitalisme qui doit se cacher en disant qu’il émancipe les gens), comment expliquer que le système se maintienne ?

 

Ce système patriarcal a la caractéristique importante de se reproduire. Comment ? Par la création et l’apprentissage de normes. A cet effet, des stéréotypes, créés de toutes pièces, « les femmes sont plus douces », « les femmes sont mieux ordonnées », « les femmes n’ont pas le sens de l’orientation », « les hommes sont drôles» deviennent des vérités intangibles et permettent que le système patriarcal reste en place : les femmes à leur place, les hommes à la leur.

Dès notre plus jeune âge les femmes et les hommes ne sont pas éduqués de la même manière, la société entière nous attribue à l’avance une étiquette, un rôle en regardant notre sexe. Même si nous avons les parents les plus progressistes au monde, on ne peut pas échapper à l’influence de la société : les jouets sont genrés, les enseignant-e-s que l’on va rencontrer auront des réflexes sexistes : considérer qu’il est normal que les filles soient moins bonnes en math par exemple. On intériorise ce que la société attend de nous.

Ainsi, le patriarcat se cache, et il évolue avec les mœurs : l’hyper sexualisation des femmes suite à la libération sexuelle en est le meilleur exemple.

II- Les conséquences du schéma de domination sexiste 

 

Les inégalités entre les femmes et les hommes ce matérialisent temps par des comportements assumés que par des comportement informel, caché qui participent à ce système de dominations.

  • Inégalité salariale
  • Violence : conjugale, sexuelle
  • Harcèlement de rue
  • Auto-censure (à force d’être considéré comme inferieure, les femmes ont tendance à s’auto-censurer et limiter leurs objectif à ce u serait « possible » d’atteindre pour elles alors qu’elles pourraient aller beaucoup loin, participe au Plafond de verre = Aka le fait qu’il y a une limite sur le nombre de femmes qui accèdent à des postes à responsabilité)
  • Manque de confiance en soi (difficulté à prendre la parole, à se projeter etc…)
  • Complexes (on ne véhicule qu’une seule vision du corps des femmes, ce qui entraine des complexes sur son corps trop maigre ou trop gros)
  • Assument une grande partie des tâches ménagères : ce qui fait qu’elles ont moins de temps libre, mais aussi moins de temps pour leur travail
  • Invisibilisation: les femmes sont invisibilisées en permanence : à la fois d’un point de vue historique/scientifique, mais aussi dans les productions culturelles où les personnages féminins sont largement moins présents que les personnages masculins, et souvent réduites à des caricatures (la femme en détresse, la méchante séductrice…) : il y a peu et en plus une très mauvaise représentation des femmes dans l’ensemble des champs.
  • Les injonctions contradictoires : c’est les injonctions que la société met sur les femmes qui entrent en contradiction en permanence : ex : une femme doit être belle sinon elle n’a pas d’intérêt (cf «male gaze »), mais de manière naturelle en invisibilisant le maquillage, l’épilation etc…
  • Mansplanning (mecspliation si l’on veut traduire) : quand un homme explique, de manière condescendante à une femme ce qu’elle doit faire ou ne pas faire sur un sujet qui la concerne. « tu as tort de penser que c’est sexiste », « il y a d’autre combat féministe plus important que de se battre contre le mot mademoiselle » etc…)
  • Manspreading : occupation de l’espace majoritairement par les hommes laissant trè peu de place aux femmes (notamment dans les transports en commun quand un homme assis écarte démesurément les jambes et qu’une femme à côté de lui est-elle obligé de se serrer)
  • Le Masculinisme: mouvement réactionnaire visant à défendre les droits des hommes qui seraient oubliés, ou menacés par les mouvements féministes
  • Culture du Viol : une femme qui se fait violer l’a cherché et l’a mérité, une femme qui se fait violer se fait punir, une femme qui dit « non » peut vouloir dire « oui » en fait…
  • Masculinisme: antiféminisme porté par les réactionnaires qui disent vouloir défendre les « droits des hommes ».

Attention il n’y pas de hiérarchisation entre ces différents outils du patriarcat. Le mansplanning n’est pas plus grave ou moins grave que le harcèlement de rue. La conséquence principale c’est qu’à tout moment on fait comprendre aux femmes qu’elles sont en position d’infériorité, qu’elles sont dominées par les hommes. Les hommes sont donc dans une position de dominant qui les favorise constamment. On va voir ça dans un petit exercice