Après la baisse des APL, il est hors de question que le gouvernement continue à faire des économies sur le dos des étudiant∙e∙s !

À la suite de larticle du Monde du 18 Mai 2018 faisant état d’une note interne pour « Transformer les prestations sociales » de la direction du Budget, des pistes sont envisagées pour modifier le système de prestations sociales français. Parmi ces pistes, certaines concernent directement les aides sociales dont bénéficient les étudiant-e-s et sont particulièrement dangereuses ! Nous appelons le Gouvernement à ne pas provoquer les étudiant∙e∙s et à renoncer à ces propositions au risque daccroître durablement leur précarité !

Des mesures qui ne feraient que précariser davantage les jeunes

Encore une fois, la question des APL revient sur le devant de la scène. Après les avoir diminuées de 5 euros il y a maintenant un an, cette note envisage de remettre en cause l’universalité des APL en prévoyant le « non-cumul part fiscale et APL des étudiants ». En clair, les intéressé.e.s devraient choisir : soit être rattaché.e.s au foyer fiscal de leurs parents, soit percevoir laide. En d’autres termes : les étudiant-e-s devront choisir entre la bourse sur critères sociaux délivrée par rapport aux revenus du foyer fiscal des parents et les APL. La conséquence est claire : des jeunes devront retourner vivre chez leurs parents ou pire, renoncer à leurs études.

Cette même bourse sur critères sociaux est elle aussi dans le viseur de la direction du budget. Lune des mesures envisagées pour celle-ci serait « d’abaisser le plafond de ressources » pour diminuer le nombre d’étudiant-e-s bénéficiaires. De plus, il y a une volonté de « geler » ou, a minima, de « limiter la progression » de laugmentation des montants des bourses qui seffectue régulièrement depuis quelques années. Enfin cette note préconise de « renforcer les contrôles dassiduité » afin de réduire encore plus le nombre de bénéficiaires de cette bourse sur critères sociaux. Au lieu dinfantiliser les étudiant∙e∙s, le Gouvernement ferait mieux de leur donner les moyens d’être véritablement autonomes !

L’UNEF dénonce avec force ces mesures qui risquent de précariser et d’éloigner les jeunes les plus précaires de l’Enseignement Supérieur alors que celui-ci doit pouvoir rester accessible par un système d’aides sociales juste qui aide le plus grand nombre.

Pas d’économies sur le dos des jeunes et de leur autonomie !

Alors même que la précarité des étudiant∙e∙s augmente d’année en année, que le montant maximal de la bourse sur critères sociaux nest que de 550 euros par mois, qu’à peine 3% des étudiant∙e∙s en région parisienne ont accès à un logement en résidence universitaire et 7% en région, et qu’un.e étudiant.e sur deux est salarié.e pour financer ses études, il serait inacceptable que le Gouvernement vienne sciemment aggraver la situation sociale des étudiant∙e∙s. De plus, ces perspectives sont aux antipodes des engagements de Mme Vidal, ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de lInnovation !

L’UNEF exige que la Ministre de lEnseignement Supérieur, de la Recherche et de lInnovation ne tienne pas compte de ces préconisations ! Dans le cas contraire, lUNEF mettra tout en œuvre pour que ces mesures ne voient pas le jour.

A l’opposé de ces préconisations lUNEF revendique :

  • L’augmentation du nombre d’étudiant∙e∙s boursier-e-s

  • La revalorisation du montant des bourses de 20% et des APL

  • Une annualisation des bourses afin de permettre aux étudiant∙e∙s précaires d’être protégé∙e∙s tout au long de l’année

  • Un investissement financier dans les aides d’urgence afin de venir en aide aux étudiant∙e∙s les plus en difficultés

  • La réalisation des 50 000 logements étudiants annoncés par le gouvernement et leur gestion par les CROUS au plus vite.