L’UNEF lance sa campagne contre le racisme dans l’Enseignement supérieur !

A l’occasion de la semaine de lutte contre le racisme et l’antisémitisme, l’UNEF lance sa campagne nationale contre le racisme dans l’Enseignement Supérieur et la Recherche afin de lutter pour l’égalité dans nos universités et ainsi faire avancer le quotidien des étudiant·e·s racisé·e·s.

Le racisme :  le quotidien de tou·te·s les jeunes racisé·e·s

Le racisme, comme toutes les oppressions, transparait dans toute l’organisation de notre société. Ainsi, les étudiant·e·s racisé·e·s, c’est-à-dire considéré·e·s comme ne correspondant pas à la norme blanche, vivent le racisme quotidiennement. En effet, notre société s’est construite subjectivement autour de la notion de « races sociales » auxquelles les personnes sont assimilées en raison de caractères subjectifs imposés par la société.  Le fait d’être une personne blanche est considéré comme étant la norme. Ces personnes sont donc dominantes et les autres, les dominées, c’est-à-dire inférieures.  Ce schéma de domination est omniprésent dans l’ensemble de nos actes quotidiens.

Qu’il s’agisse d’insultes, de comportements consciemment ou inconsciemment racistes, ou encore d’agressions, le racisme prend différentes formes. Celui-ci touche directement les jeunes racisé·e·s puisqu’un jeune homme perçu comme noir ou arabe a 20 fois plus de chance que les autres de se faire contrôler par la police[1]. Ces discriminations ne s’arrêtent pas à la porte de nos universités: 19% des étudiant·e·s qui déclarent y avoir été moins bien traité·e·s que leurs camarades de classe pensent l’avoir été du fait de leur origine supposée.[2]

L’UNEF lance une campagne contre le racisme sur les campus universitaires

L’UNEF lance ainsi sa campagne contre le racisme dans l’Enseignement supérieur afin de sensibiliser et lutter contre le racisme, dans un contexte où la parole raciste ne cesse de se libérer et de se banaliser. Cette campagne sera composée d’une part d’une enquête à destination de tou·te·s les jeunes afin d’évaluer de manière précise et chiffrée le racisme vécu par les jeunes et en particulier par les étudiant·e·s. D’autre part, celle-ci se clôturera par les Assises Nationales Jeunes contre le racisme dans le cadre desquelles nous dévoilerons les résultats du questionnaire. L’UNEF lance par ailleurs le site internet etudiant-e-s-antiracistes.unef.fr pour pouvoir participer à l’enquête « les jeunes et le racisme », remonter des discriminations racistes vécues et s’inscrire pour participer aux assises.

Il est urgent d’œuvrer réellement pour l’égalité et contre le racisme dans nos universités

Le racisme est ainsi vecteur d’inégalités dans la réussite et l’insertion professionnelle puisqu’un jeune prénommé Mohammed devra envoyer 4 fois plus de CV qu’un jeune appelé Michel pour obtenir un emploi.[3] Il est urgent d’agir pour une égalité réelle entre tout·e·s les étudiant·e·s à la fois dans l’Enseignement supérieur et dans la société. L’UNEF revendique donc :

Dans les universités

  • La mise en place dans chaque université de  chargé·s· de mission «égalité» luttant explicitement contre le racisme et dont le rôle doit être défini précisément
  • Le développement de l’enseignement des « african studies » et  « asian studies » dans les universités
  • La formation des personnel·le·s et professeur·e·s à la déconstruction des schémas et clichés racistes.
  • La mise en place de chartes de lutte contre le racisme dans les CROUS et les universités

Dans la société

  • La mise en place du récépissé de contrôle d’identité
  • La mise en place d’un plan national de lutte contre le racisme
  • La mise en place d’enquêtes statistiques sur la prise de responsabilité et la place des personnes racisées dans la société (aussi bien dans le monde du travail, en politique, dans les médias etc..) et des discriminations subies afin d’avoir un état des lieux précis permettant de mieux lutter contre le racisme

[1] Chiffre du défenseur des droits, 2017, “80% des hommes de moins de 25 ans perçus comme arabes/maghrébins ou noirs rapportent avoir été contrôlés au moins une fois dans les cinq dernières années (contre 16% pour le reste de la population)”

[2] Observatoire de la vie étudiante

[3] Institut Montaigne