Pour faire face aux enjeux de notre génération, l’UNEF poursuit son évolution

Six mois avant son 86ème congrès, l’UNEF fait son introspection et décide d’élargir son champ d’action syndicale en recréant l’Union des Grandes Ecoles et annonce le lancement d’une application mobile pour mieux informer les étudiant∙e∙s de leurs droits.

Un congrès dans un contexte d’attaques successives des droits étudiants

Le 86ème congrès de l’UNEF va se tenir après 2 ans de remise en cause sans précédent de la démocratisation de l’Enseignement supérieur.

Alors que la politique d’Emmanuel Macron referme petit à petit les portes de nos universités risquant à terme de ne réserver celles-ci qu’à une élite (financière ou intellectuelle), il n’aura jamais été aussi important pour les étudiant·e·s de se réunir et de réfléchir à la meilleure manière de défendre l’accès et la réussite de tou·te·s dans l’Enseignement Supérieur et la Recherche ainsi que l’émancipation des jeunes.

Une UNEF qui évolue avec un seul fil conducteur : l’intérêt des étudiant∙e∙s

Pour pouvoir transformer la société et réellement démocratiser notre Enseignement supérieur, le syndicalisme de l’UNEF doit continuer d’évoluer. A ceux et celles qui pensent que l’UNEF ne change pas ou au contraire change trop : tout comme notre génération est différente des précédentes et ne vit pas les mêmes réalités, notre syndicat évolue, et doit continuer de  le faire. Nos débats sont riches, nourris et c’est d’ailleurs heureux car c’est le gage d’une démocratie en interne qui, même si elle peut bien évidemment s’améliorer, fonctionne. Néanmoins, des clarifications internes sont nécessaires puisque certain∙e∙s ne voient pas le syndicalisme avant tout comme un outil d’aide et de défense des étudiant·e·s mais comme un simple outil de prise de position déconnecté des problématiques étudiantes.

Ces dernières années, l’UNEF a rencontré de nombreuses difficultés et celles-ci n’étaient ni uniquement le fait d’un contexte social difficile ni le fait des jeunes qui d’après certain·e·s ne s’engageraient plus et n’auraient d’intérêt que pour eux-mêmes. Dans le texte adopté lors du 85ème congrès nous écrivions : « L’UNEF n’a qu’une boussole, l’intérêt de celles et ceux qu’elle représente et qu’un seul propriétaire, ses adhérent∙e∙s ». A ce titre c’est l’UNEF qui doit évoluer pour les étudiant·e·s et non les étudiant·e·s qui doivent s’adapter à elle. Si cela fait bien longtemps que nous l’avons compris et que l’intérêt des étudiant∙e∙s est la fondation de l’ensemble de nos actions, dans les mois qui viennent nous devrons continuer à évoluer pour répondre au mieux aux enjeux actuels.

Un congrès de tou∙te∙s les étudiant∙e∙s pour redonner l’envie de s’engager dans le syndicalisme étudiant

A l’heure où toute une génération s’inquiète pour son avenir, que ce soit dans l’attente des résultats de Parcoursup, que ce soit dans la peur de ne pas réussir à s’insérer sur le marché du travail ou encore du fait du réchauffement climatique qui s’accélère, ce 86ème congrès doit être celui de la reprise de confiance des étudiant·e·s dans l’action collective et dans leur outil syndical. Ce congrès doit redonner l’envie de faire du syndicalisme. Le syndicalisme étudiant c’est voir plus loin que soi mais c’est aussi un vecteur d’émancipation le temps des études. C’est se battre pour ses idées, pour ses droits, pour déjouer tout fatalisme lié aux origines sociales, au baccalauréat réalisé, à notre couleur de peau, notre orientation sexuelle, notre genre et/ou identité de genre.

Les mois qui vont précéder le congrès doivent permettre à l’ensemble des étudiant·e·s qui le souhaitent de participer à l’élaboration de notre feuille de route afin de répondre à ces objectifs. Une consultation sera organisée sur les différents campus afin que la feuille de route de l’UNEF ne soit pas uniquement celle de ses militant·e·s mais celle de tou·te·s ceux et celles qui souhaiteront y participer.

Dès aujourd’hui, l’UNEF fait évoluer ses pratiques : spécialisation de notre action militante et lancement d’une application mobile

L’UNEF est la maison commune de tou·te·s les étudiant·e·s. Informer, défendre et organiser la solidarité parmi l’ensemble des étudiant·e·s c’est ce que nous faisons tous les jours. Néanmoins,  élargir nos champs d’action et développer une action syndicale ciblée envers des étudiant·e·s souvent trop peu accompagné·e·s est aujourd’hui nécessaire. A ce titre, nous faisons le choix de défendre l’ensemble des étudiant·e·s dans leur quotidien notamment à travers la Fédération Nationale des Etudiant·e·s Chercheur·se·s et la Fédération des Etudiant·e·s en Résidence Universitaire de France. Face à la hausse du nombre de jeunes amené·e·s à poursuivre leurs études en école et le manque de droits auquel ils et elles sont confronté·e·s, nous faisons le choix de relancer l’Union des Grandes Ecoles.

Afin de démontrer l’utilité du syndicalisme et de remplir au mieux notre mission, nous avons fait de la défense individuelle des étudiant·e·s en difficulté une priorité. Que ce soit pendant les permanences syndicales sur les campus, par le biais de la plateforme SOS Inscription permettant de recueillir les problématiques rencontrées mais surtout de répondre aux questions et d’accompagner chaque futur∙e étudiant∙e à obtenir une inscription dans la filière de son choix, ou tout simplement avoir le droit à un avenir. Pour aller plus loin et pallier au manque d’information dans l’Enseignement supérieur nous allons lancer le 3 juin une application mobile qui accompagnera les étudiant·e·s tout au long de l’année.