Exigeons la fin de la précarité et une autre répartition des richesses !

En effet, et nous l’avons déjà dénoncé, depuis plusieurs années, plus les dividendes versés aux
actionnaires sont élevés, plus le taux de pauvreté augmente. D’un côté, pour 2019, on décompte
plus de deux millions de travailleur-ses pauvres, neuf millions de personnes vivant sous le seuil de
pauvreté dont 21 % de jeunes. De l’autre, 49,2 milliards d’euros de dividendes versés, battant le
record de 2007.
La crise du Covid-19 n’a pas épargné les plus modestes et les plus pauvres. Bien au contraire ! Et les
inégalités se sont accrues sur tous les plans. Pour les travailleurs-es sous rémunéré-es, les précaires,
les privé-es d’emploi, les jeunes et les travailleurs-es sans papiers ou non déclaré-es, la crise sanitaire
a été une double peine.
D’ores et déjà nous savons qu’environ 20 % de la population a vu son revenu chuter durant la
période. Pourtant, c’est bien aussi la France des « Flexibles », celle des moins bien rémunéré.es, des
précaires, et des sans-papiers à laquelle le gouvernement a fait prendre le plus de risques. Et c’est
aussi à la France « des métiers sous valorisés bien souvent les plus féminisés » que le gouvernement
a fait prendre aussi le plus de risques : personnels du secteur de la santé et du service à domicile,
du commerce, de l’entretien, de l’enfance, de l’éducation, du nettoiement, de la voirie…. Ces mêmes
qui manifestaient quelques semaines avant contre les réformes de l’assurance chômage et des
retraites. Ces mêmes qui ont pris des coups, frappés et meurtris lors de manifestations. Ces mêmes
qui assurent des missions essentielles, des fonctions qui répondent bien souvent à des besoins
sociaux et vitaux d’une importance incontestable. Ces mêmes qui vivent dans les quartiers
populaires, dans les banlieues, dans les zones rurales pauvres et enclavées.
Le gouvernement a débloqué une aide ponctuelle pour 4 millions de familles en grande précarité.
Cette aide atteindra 150 € par ménage, plus un bonus de 100 € par enfant pour les allocataires du
RSA et de l’ASS. Pour les familles bénéficiaires des aides au logement, elle s’élèvera à 100 € par
enfant.
Ces aides sont largement insuffisantes, ne répondent pas aux besoins vitaux et urgents d’une grande
partie de la population. Au regard des centaines de milliards débloquées pendant cette période par
le gouvernement, il semble bien que l’injustice sociale n’a pas été abandonnée ou même atténuée
dans les choix politiques. La grande partie des aides a été captée par les entreprises les plus riches
et donc destinée au final à abonder encore un peu plus les poches des actionnaires.
Nos organisations demandent en urgence un plan massif de mesures et d’aides sociales,
alimentaires, prenant aussi en compte la question de l’insertion professionnelle des jeunes, la
revalorisation des carrières des filières féminisées, une revalorisation des minimas sociaux et des
salaires, un droit à un logement digne et salubre, le gel des loyers et des crédits, l’indemnisation de
tous les privé-es d’emploi y compris ceux et celles qui n’ont pas droit aujourd’hui au chômage partiel,
la prise en compte des revendications des intermittent-es, l’abrogation ou abandon des réformes
régressives (assurances chômage, retraites, transformation de la fonction publique..), un budget
conséquent pour les services publics et le système de santé qui doivent être déployés sur tout le
territoire.
Ces mesures ne sont pas irréalistes : une autre répartition des richesses est nécessaire et celle-ci
relève bien d’un choix de société.
Les dernières annonces concernant les personnels soignants sont emblématiques d’une volonté
d’inscrire les mesures nouvelles dans un cadre individualisé et dans l’idéologie du « travailler plus
pour gagner plus ». Or, particulièrement dans une telle période de crise, l’ensemble des salarié-es
auraient plutôt besoin qu’on ouvre des perspectives pour un système de protection sociale conforté
et repensé, offrant des sécurisations collectives porteuses de progrès social dans tous les domaines
(emploi, santé, logement, alimentation, etc.).

Signataires :

CGT, FSU, Solidaires, FIDL, MNL, UNEF et UNL